L’abbaye de Noyers (Nouâtre)

L’abbaye bénédictine Notre-Dame de Noyers, fondée en 1030 a rayonné pendant plusieurs siècles sur toute la Touraine. Son cartulaire en témoigne. Le presbytère de L’Ile-Bouchard était l’un des prieuré en dépendant.

Il en reste une église, st Jean, encore affectée au culte – la messe est célébrée une fois l’an en été – , et des bâtiments conventuels.

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Son histoire, rédigée par Monsieur Panaget.

1031 : Fondateur Hubert de Noyant

Noyers, aujourd’hui humble village dépendant de la paroisse de Nouâtre, était au Moyen Âge un centre actif d’influence religieuse en basse Touraine et Nord Chatelleraudais. L’abbaye était une véritable puissance ayant de vastes domaines, de nombreux sujets et des revenus considérables. Elle jouissait aussi de toute autorité humaine. Noyers vit passer, séjourner dans ses murs nombre de légats du Pape qui furent reçus en grande pompe. Les archevêques de Tours, les comtes d’Anjou et de Touraine, les seigneurs du pays, les dignitaires ecclésiastiques, vinrent à Noyers. Le Bourg qui entourait les bâtiments du monastère formait une petite ville close avec des privilèges et des immunités. Il était très fréquenté des étrangers et habitants du voisinage.

Pourquoi le nommait-on Noyers ? Probablement parce que la végétation de l’arbre (très apprécié à cette époque pour faire de l’huile) était très prospère en ces lieux. Il existait à cette époque une petite église sous le vocable de la Trinité et Notre-Dame.

L’abbaye fut fondée au début du XIème siècle par un chevalier nommé Hubert de Noyant, avec l’approbation de Foulques Nerra vers 1031. Il reçut l’approbation du Roi. On débuta la construction de l’abbatiale qui fut très vite terminée. C’était un très bel édifice fortifié. La propriété du terroir appartenait au Comte Geoffroy Martel qui l’offrit aux moines ainsi que la moitié de la rivière qu’il venait d’acquérir, la rive droite étant déjà sa propriété. Les pierres nécessaires à la construction de ces édifices étaient acheminées par bateaux provenant des carrières sur l’autre rive de la Vienne. Vers 1032, la direction de l’abbaye fut confiée à l’abbé Evrard. La dite abbatiale fut consacrée vers 1032 par l’archevêque Arnoult de Tours qui reconnut aux moines toute leur indépendance de toute autre abbaye. Cet abbé Evrard fit à Noyers une brève apparition mais marqua son passage par une forte impulsion stratégique. Le monastère était assis sur la rive droite de la Vienne. Dangereux voisinage qui put lui être fatal par ses crues. Il pouvait être troublé dans sa solitude par un grand chemin qui passait non loin et se nommait la Grande Voie Romaine. Celle-ci venant de Tours bifurquait à St-Epain vers la Celle St-Avant pour rejoindre la Creuse à Port de Piles et la Vienne à Ports/Vienne. Les moines cherchent très vite à acquérir ces endroits en passage et cette vallée très riche.

Noyers dépendait de la seigneurie de Nouâtre qui elle dépendait de Foulques Nerra ou le faucon noir. Celui-ci se servait de ce point d’appui pour attaquer ses ennemis du Sud-Touraine. Pour ceci il fit construire deux énormes forteresses sur les rives de la Vienne. Sur la rive droite le calvaire de Nouâtre et sur la rive gauche le domaine de la Motte. Outre la seigneurie, toujours bienveillante pour l’abbaye de Noyers, d’autres furent en relation de lutte ou d’amitiés avec les moines. Citons celles de Ste-Maure, L’Ile-Bouchard, Champigny, Marmande ou Châtellerault. Une puissance colossale, celle de la collégiale de St-Martin possédait des immenses domaines à Noyant et à St-Epain.

Noyers se concentra particulièrement sur les bords de la rivière depuis Ports de Piles jusqu’à L’Ile-Bouchard, de Ste-Maure à Marigny-Marmande jusqu’à Châtellerault. De ce fait Noyers posséda bientôt dix neuf églises dont l’abbé était le patron, huit prieurés et cinq chapelles. Dans le diocèse de Poitiers sept églises et dix prieurés. C’est dans ce contexte que nous allons voir peu à peu l’abbaye de Noyers augmenter ses possessions et sa puissance ecclésiastique.

1032 – Abbé André – 1062

L’abbé André succéda à l’abbé Evrard en 1032 après la fondation du monastère et gouverna Noyers pendant trente ans. C’est lui qui jeta les premières bases de la future abbaye dans toute sa grandeur. Il créa 3 villages, acquit plusieurs domaines, obtint 4 églises. Il prit aussi possession de plusieurs domaines (Pussigny, Mondion, Sauvage, Mesmé jusqu’à Tours). Le plus lointain fut celui de l’église de St-Patrice sur les bords de la Loire avec tout le fief curial de cette église. Il faut comprendre que l’acquisition d’une église à cette époque procurait nombre de revenus (Droits de sépultures, dîmes, droits cérémonies, redevances des habitants à la paroisse) etc… Nombre de seigneurs à leur décès léguaient leurs biens à l’abbaye. Nombre de dons étaient fait à cette abbaye à la faveur de leur profession. Citons l’église de Razines en 1062. En 1055 ce fut une très grande propriété et l’église de Puissigny, Faye-La-Vineuse tomba aussi dans le giron de Noyers. C’est à l’abbé André que fut fait le don par un nommé Aimon et sa femme de leur fils ainsi qu’un moulin situé entre Manse et Vienne à L’Ile-Bouchard. L’abbé André mourut en 1062 après 30 ans de gouvernement de Noyers.

1062 – Abbé Geoffroy – 1072

L’abbé Geoffroy prit la direction du monastère en 1062 et l’assura pendant 10 ans environ. Il acquit une partie de Port de Piles, afin de contrôler la voie Romaine traversant à gué la Creuse et en tirer les profits. Plus tard un chevalier repentant vint se réfugier à l’abbaye et lui donna l’autre partie de ce hameau. Un autre repentant aussi légua un immense domaine à Mesmé. Ensuite les moines achetèrent les églises de Razines et de Pussigny pour jouir des droits y attenants. La création la plus importante fut celle d’une nouvelle paroisse à L’Ile-Bouchard. Déjà possesseurs du moulin acquit par l’abbé André à l’embouchure de la Manse, ces moines établirent d’abord un petit oratoire à l’usage des religieux et des serfs qui cultivaient leurs terres. Un nommé Hubert Petrolissus (ou Persil) donna à Noyers toutes les coutumes qu’il tenait de son suzerain Bouchard ainsi que la chatellerie de l’Ile.

Il fut donc décidé de construire une église et un bourg y attenant. C’est l’Archevêque de Tours Barthélémy qui donna l’autorisation et la dédia à St-Gilles. Cette construction, est une curieuse église romane. Elle fut débutée vers 1067 ou 1069 ; La paroisse y attenant fut un progrès vers les libertés municipales et l’embryon de l’esprit des communes. L’église était favorable à toute évolution sociale. Pour encourager près de St-Gilles la construction nombre d’avantages furent accordés aux habitants qui désiraient se fixer dans cette nouvelle cité (exempts de charge militaires envers les seigneurs et de certaines corvées..). Un Seigneur de Crouzilles se fit moine à Noyers et légua ses biens à l’église de L’Ile-Bouchard. Ainsi l’abbé Geoffroy prit la direction de l’église St-Gilles. Peu de temps après sa construction vers 1080 on a dû agrandir celle-ci au nord pour recevoir les fidèles de plus en plus nombreux.

1072 – Abbé RAINIER – 1080

L’abbé Rainier succéda à l’abbé Geoffroy vers 1072. Son action fut moins importante que ses prédécesseurs. Il acquit cependant l’église de Faye-la-Vineuse et soumis au monastère la direction des églises de Sepmes et d’Abilly. L’action de l’abbé Rainier semble avoir été neutralisée par les guerres intestines qui déchiraient le pays à cette époque. Vers le milieu du XIème siècle la basse Touraine fut agitée. En particulier les chevaliers de Tours et de Châtellerault se heurtèrent. La société civile ayant envahi le domaine ecclésiastique obligea le Pape Grégoire VII à rétablir l’ordre si profondément troublé. Les moines de Noyers passèrent beaucoup de temps à cette noble tâche et à accueillir dans leur retraite nombre de seigneurs repentants.

 

1080 – Abbé Etienne – 1111

L’abbaye de Noyers fut gouvernée pendant les dernières années du XIème siècle et les premières du XIIème siècle par un homme de grand mérite : l’abbé Etienne. Il eut une très grande influence sur le monde ecclésiastique et laïc. Il apparaît comme une homme de grande activité. Rachetant les églises et chapelles des environs qui appartenaient aux laïcs, fondant des bourgs, acquérant les grandes propriétés de seigneurs turbulents. Il ne perdit toutefois aucune occasion de racheter des églises du voisinage (Marcé/Esves). Un seigneur âgé et malade donna ses dîmes situées à Doucé, Avrigny, Marcilly, Nancré et Graille aux moines de Noyers (lieux-dit encore existants).

C’est probablement à cette époque que fut construit à Bouchard une maison des lépreux au lieu-dit

St Lazare à certaine distance de la ville existante. Les églises de la Tour St-Gelin, Courcoué, Rilly et une petite chapelle furent concédées à Noyers. L’extension s’exerça jusqu’à la petite église de Druye ainsi que ses territoires. Il fonda un prieuré à Buxière entre les Ormes et Dangé grâce aux libéralités du seigneur de Marmande. Ce prieuré était très important car il contrôlait un lieu de passage très fréquenté par les voyageurs ou marchands qui transitaient de Touraine ou du Poitou, par Port de Piles déjà acquis plutôt. Une animosité surgit bientôt entre les moines et le curé de Dangé, celui-ci voyant aller vers l’abbaye nombre d’avantages. C’est l’abbé Etienne qui après avoir acquis de grandes propriétés à Antogny donna du terrain pour construire le bourg, la petite église et une carrière pour construire les maisons. Ayant reçu en don une propriété au bord d’un ruisseau nommé le Ruan, les moines fondèrent un hameau à Noyant.

Vers l’année 1083, ils établirent le bourg de la Celle St-Avant et construisirent ou agrandirent l’église en ce lieu prenant aussi les droits de ce lieu saint. Si la domination de l’église était généralement bienfaisante pour les sujets, en revanche elle montrait toujours une grande énergie contre les crimes qui attentaient à l’ordre social.

Un différend important a opposé les moines de Noyers à l’abbaye de Marmoutier au sujet de l’église de St-Gilles de L’Ile-Bouchard et de biens à Tavant. Urie de Nouâtre fut un grand bienfaiteur de l’abbaye sa voisine. Le seigneur Hugues de Ste-Maure donna aux moines une terre pour bâtir un bourg à Ste-Maure ainsi qu’une église dédiée à St-Michel avec ses avantages. Toutes les guerres de particuliers qui désolèrent la Touraine Sud furent interrompues par la première croisade du Pape Urbain II. Certains croisés firent don de leurs biens avant de partir vers l’Orient. L’abbé Etienne ne fut pas étranger au départ vers la terre sainte de nombreux seigneurs, ce qui fit de lui un homme de grande influence dans le Sud-Touraine. Il fut un des promoteurs les plus actifs de la civilisation parmi nous. Vers 1067, un seigneur Guy de Nevers fut de très grande importance à Nouâtre et entretint de très bonnes relations avec ses voisins les moines. L’abbé Etienne gouverna l’abbaye pendant environ 30 ans, temps relativement court pour accomplir tant de choses.

1111 – GAUDIN DE POENT – 1132

Celui-ci ne joua pas un si grand rôle que son prédécesseur dans la fondation de l’abbaye de Noyers. Il se contenta de régler plus ou moins aimable nombre de convoitises des seigneurs voisins. La plus importante fut les chanoines de St-Martin de Tours, au sujet d’un différend à St-Epain. Celui-ci fut réglé après un arrangement entre les parties prenantes. Il exerça une très forte influence sur la Haye aujourd’hui Descartes. A cette époque le plus grand honneur fait à un seigneur ou chevalier était d’être inhumé à Noyers. De ce fait nombre d’entre eux léguèrent leurs biens aux moines en récompense de cette grâce. Cet abbé mourut à Noyers en 1132 et eu pour successeur Hugues 1er Berrier.

1132 – HUGUES 1er BERRIER – 1149

Le caractère de l’administration Berrier fut à peu près le même que l’abbé Poënt. L’influence de l’abbaye n’a pas diminuée, mais il semble que la libéralité des fidèles se soit refroidie. Nombre de chartes furent réalisées ne relatant que des faits secondaires. Des échanges entre Marmoutier grand rival et Noyers. Une vague d’indépendance sembla souffler sur Noyers mais sans suite. Malgré quelques tentatives de révoltes très vite réprimées, il est facile de comprendre que le régime de l’abbaye était tout à fait paternel pour les serfs. En 1134, on construisit à Noyers la chapelle de l’infirmerie. On relate aussi une léproserie à Chinon St-Lazare sous l’impulsion des moines. La possession de l’église de Ste-Maure fut contestée aux moines de Noyers et portée en justice devant le Pape Innocent II. Celui-ci restitua l’église à Noyers en reconnaissant leurs droits. L’abbé Bernier fut un homme de bons conseils, d’une très grande austérité, de mœurs très zélés pour l’observance de la discipline sachant concilier l’affection générale.

1149 – L’ABBE GILLES – 1176

De ce prélat il existe peu de choses si ce n’est une continuité dans l’exercice du droit de Noyers. Les rixes et querelles continuent et certains seigneurs contestent les droits de l’abbaye profitant de l’esprit d’apaisement des moines. Ainsi fut remis en cause les droits de l’écluse de Port de Piles. Un jeune seigneur de Ste-Maure Hugues contesta la dîme d’Anzoy et le différend dura des années. L’abbé Gilles dû parfois se montrer plus ferme quand les intérêts étaient vraiment remis en jeu. Il n’hésita pas à avoir recours aux armes redoutées de l’excommunication. Il assista en 1138 aux premiers développement d’une nouvelle maison religieuse à Bois Aubry près des terres que Noyers possédait à Luzé. Gilles s’empressa de se mettre en relation avec Bois Aubry pour de bons usages de voisinage. Les moines de ce couvent en firent de même marquant ainsi une grande fraternité du monde religieux. L’abbé Gilles gouverna le monastère de Noyers pendant 27 ans.

1176 – HENRI – 1198

Peu de choses si ce n’est une simple administration de Noyers. Différentes chartes mentionnent son ministère. Certains faits de guerre sont relatés. Entre autres un affrontement où toute la population de Champigny s’était réfugiée dans l’église Notre Dame espérant être sauvée par la sainteté des lieux. Une nuit la lumière manqua par négligence des clercs, soudain une lampe miraculeusement s’alluma devant le crucifix à la vue d’un grand nombre. Le seigneur de Champigny présent voulu que désormais la lampe miraculeuse soit allumée jour et nuit et fonda un revenu à cette intention. Le prieuré de St-Gilles de L’Ile-Bouchard fut lui aussi attaqué par les troupes de Henri II venant d’Anjou. Henri s’éteint en 1198.

de 1198 – ODON D’AZAY PRIEUR DE STE-MAURE – à aujourd’hui

Un certain Odon d’Azay succéda à Henri en 1198. Plusieurs prélats assurèrent la direction de l’abbaye. Les moines eux-mêmes étaient tenus d’une redevance envers l’archevêché de Tours. Les constructions ayant été endommagées lors des guerres du voisinage on restaura constamment. L’invasion Anglaise des XIV et XVème siècle fut une source de calamités pour notre région et les édifices religieux en souffrirent énormément. Par bonheur les moines de Noyers furent à la hauteur de leur mission en dépensant de grosses sommes pour relever les ruines à l’aide de bienfaiteurs.

Entre 1542 et 1544, l’abbé François de Mauny rénova l’abbatiale et construisit les logis et le cloître. Celui-ci fut construit par Raoul du fou du Vigeon. François de Mauny acheva le jubé qui fut remarquablement décoré de sculptures. L’abbé Eustache de Belloy fit relever le côté oriental du cloître. Le tout s’ornant d’admirables armoiries. Malheureusement en Novembre 1589 une partie des troupes de Mayenne envahit la région. Ces ligueurs se prétendant de bons catholiques massacrèrent un religieux, brûlèrent les titres, profanaient les églises, volèrent les trésors et commirent une foule d’excès. L’abbaye eut beaucoup de peines à se relever de ces ravages. C’est dans ces lieux que reposa une partie des reliques de St-Gatien martyrisé sur les bords de l’Esves près de Civray avec deux compagnons en retour de Rome.

En 1562 l’abbaye fut ravagée par les protestants et en 1589 par des soldats catholiques. En 1586 la peste fit de grands ravages au bourg de Noyers où moururent 60 à 80 personnes. Une autre année il y eut une très grande sécheresse : il ne tomba pas une goutte d’eau de l’Ascension à l’Assomption. Une procession à St-Gatien mit fin à ces deux calamités.

L’institution des abbés commendataires marqua pour le monastère le commencement de la déchéance. Ceux-ci furent supprimés en 1791. Ce qui restait fut détruit et rasé pendant la révolution. Le reste des bâtiments claustraux fut vendu nationalement.

Noyers qui était une commune et une paroisse au XIème siècle fut réunie à Nouâtre en 1830. Il devint un charmant petit hameau. Il reste aujourd’hui nombre de vestiges de son illustre passé. On distingue encore quelques maisons anciennes dont certaines du XVème siècle, une du XIIème aux fenêtres à colonnettes dont une seule a été conservée. Le plus beau fleuron reste cette construction rénovée en 1760 comprenant un immense rez-de-chaussée et un étage aux combles mansardés où l’on distingue la trace des cloisons limitant la cellule des moines. Le rez-de-chaussée comprend un immense salon garni de boiseries. Plus digne d’intérêts est la porte monumentale du Monastère.

S’il ne reste plus de vestiges historiques, une petite église est le dernier témoin de ce grand lieu de la religion en basse Touraine. Ce bel édifice dédié à St-Jean aurait été construit au XIIème siècle et remanié bien des fois notamment au XVIIIème siècle. Un baptistère du XIIème siècle en est la plus belle pièce. Un lieu-dit existant de nos jours se nomme encore la « sacristie ». Des tilleuls à l’entrée de cette petite église protègent une architecture sobre mais diffuse.

Les habitants se souviennent encore de l’époque où une animation relative régnait à Noyers, en particulier quand les pêcheurs déversaient leurs « seines » frétillantes sur « la pré » dans un calme éloquent. « Seine » ou « senne » : filet de pêche que l’on traîne sur les fonds peu profonds des rivières (la Vienne ici). « Pré » : terme employé dans la basse Touraine désignant un pré au bord d’une rivière où les bêtes s’abreuvaient, ici où les pêcheurs professionnels tiraient leurs filets ou « seines ». On comprend les raisons qui firent faire ce choix aux moines pour accomplir leurs méditations.

Ironie du sort : presque dix siècles plus tard, Noyers, qui créa la communauté de L’Ile-Bouchard et son église dédiée à St-Gilles, reçoit aujourd’hui le culte dans sa petite église par les prêtres de L’Ile-Bouchard. Peut être juste retour des choses.

Monsieur Panaget

Documents :

« La Touraine Archéologique » D. Rangeard, docteur à Tours (années 1930)

« Mémoire de la Société Archéologique de Touraine » par l’abbé Chevalier – Consultable sur http://gallica.bnf.fr

« Cartulaire de Noyers » de Paul Letort

Dictionnaire Géographique d’Indre et Loire – Ancienne Touraine – J.X. Carré de Busserole 1880.

Le Cartulaire de l’abbaye de Noyers

La ré-éedition en latin par l’Université de Cambridge est disponible en partie en ligne ! http://books.google.fr/

Mais avec une introduction en anglais puis en français !

“Si important pour l’histoire de la Basse-Touraine et du Châtelleraudais, avait, au siècle dernier, attiré l’attention de deux érudits bénédictins qui s’occupaient avec un grand zèle à recueillir de toutes parts les matériaux d’une histoire de la Touraine et d’une histoire du Poitou.

Dom Housseau a copié lui-même ou analysé les pièces les plus intéressantes de cette riche collection, et il y a ajouté une foule de notes extraites du martyrologe-obituaire du monastère ou des chroniques du couvent. Son travail so trouve à la bibliothèque nationale, où André Salmon l’a copié en partie, pour le léguer, avec tous ses autres manuscrits, à la bibliothèque municipale de Tours. M. E. Mabille nous a donné une brève analyse des quarante chartes capitales du même Cartulaire dans son Catalogue analytique de D. Housseau, publié dans le tome XIV des Mémoires de la Société archéologique de Touraine

D’un autre côté, Dom Fonteneau, qui préparait une histoire du Poitou, a fait faire sous ses yeux et collationné avec soin une autre copie du Cartulaire de Noyers, laquelle est aujourd’hui déposée parmi les manuscrits de la bibliothèque municipale de Poitiers.

Quant au Cartulaire original, il paraît avoir été détruit à la Révolution, comme tant d’autres documents historiques. D’après les notes de D. Fonteneau, il aurait été écrit à la fin du XIIe siècle ou au commencement du XIIIe et dans cet état primitif, il se serait composé d’environ 650 chartes, auxquelles plusieurs autres pièces avaient été ajoutées postérieurement.”

Recherche contemporaine

Une notice fausse du cartulaire de l’abbaye tourangelle de Noyers ? http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1997_num_155_1_450859

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