Les premières statues

“En papier pour commencer” Voici les grottes et les statues successives

 Les premières statues

La demande de la Vierge Marie

«  Dites à Monsieur le Curé de construire une grotte, le plus tôt possible, là où je suis, d’y placer ma statue et celle de l’ange à côté. Lorsqu’elle sera faite, je la bénirai. »

C’est le mardi 9 décembre 1947 que la Vierge Marie a transmis cette demande aux quatre enfants de L’Ile-Bouchard.

Le matin du mercredi, Sr Saint-Léon, à qui Nicole raconte l’apparition de la veille, s’exclame : « Faire une grotte ! En quoi donc ? Tu n’avais qu’à lui demander comment la faire ? » C’est pourquoi, lorsque la Vierge Marie renouvelle sa visite à 13 heures, Nicole se fait préciser : « En quoi faut-il faire la grotte que vous avez demandé hier ? » et reçoit la réponse : « En papier pour commencer ».

Le jeudi, la Vierge Marie insiste : « Est-ce que Monsieur le Curé va construire la grotte ? »

– « Oui, Madame, nous vous le promettons. »

Le vendredi soir, à l’école, Sr Saint-Léon insiste de son côté et fait appeler Nicole : « Est-ce vrai que la Dame a demandé la grotte en papier ? Je ne peux pas croire cela. Aussi redemande lui donc demain, tu me diras ce qu’elle te dira. Puis tu lui demanderas s’il faut laisser l’autel ? » A l’apparition du samedi, Nicole fait la commission : « Madame, quand on fera la grotte, faudra-t-il laisser l’autel à côté ? » – « Oui, laissez l’autel à côté. » Un peu plus tard, la Vierge Marie se fait encore confirmer : « « Est-ce que vous me construirez une grotte ? » – « Oui, Madame ». La Vierge sourit à cette réponse.

Le dimanche, une quatrième fois, Marie s’inquiète : « Allez-vous construire la grotte ? » – « Oui, oui, nous allons la construire ! »

Premières statues : La grotte en papier et Notre Dame de Lourdes

La grotte "en papier pour commencer" et la Statue de ND de Lourdes
En papier pour commencer

Devant cette insistance, M. le chanoine Ségelle veut satisfaire la demande et s’empresse de demander la permission à l’Archevêque de Tours. Mgr Gaillard donne ses directives dans une lettre au curé le 21 décembre 1947 : « …monter dès demain votre habituelle crèche de Noël, en papier rocher, à la gauche de l’autel de la Ste Vierge, en disposant dans le papier rocher, à côté, [une cavité] pour y placer une statue de la Ste Vierge. Cela restera ainsi jusqu’au 2 Février » La crèche était faite depuis le 19 décembre ; au reçu de la lettre de l’évêque, une petite statue de N.D.de Lourdes est placé dans une niche sur le côté. Cette grotte en papier « se confond un peu avec la crèche », écrit Sœur Marie de l’Enfant-Jésus à une consoeur.

Le 13 janvier 1948, le chanoine Ségelle s’entretient avec son évêque, et celui-ci l’autorise à laisser, après le 2 février, la grotte en papier ainsi que la statue de la Vierge. Un petit ange est ajouté plus tard.

Premières statues : La statuaire de Paulette Richon

Les statues de Mlle Paulette Richon
La grotte en verre éclaté sur fond or, Noël 1948. Marie et l’Ange, le 15 août 1966

Au mois de septembre, « Mgr Gaillard trouve que la grotte en papier est bien modeste pour un tel mouvement de foules. Il autorise une construction plus solide, plâtre ou ciment. » (lettre de l’Abbé Souillet au père Maes, 16 septembre 1948). Le chanoine Ségelle lance une souscription et reçoit de nombreux dons. C’est le chanoine Vivient, archiprêtre de Chinon, qui se charge de contacter une artiste, Mlle Richon, professeur aux Beaux-Arts de Tours. Celle-ci fait un projet de grotte et de statues qui est soumis aux « voyantes ». Ecoutons Sr Saint-Léon raconter l’entrevue à l’abbé Souillet (lettre du 4 octobre 1948) :

« D’après l’ordre de Monseigneur, [le chanoine Ségelle] s’est entretenu il y a une dizaine de jours avec un professeur femme des beaux arts de Tours, qui est venue ici même se documenter sur place. Aujourd’hui, Mr le Curé ayant reçu une maquette de ce qu’elle pensait faire, les 3 enfants (Laura étant absente) ont critiqué séparément les dessins : 15 critiques – ce n’est pas mal ! – 15 critiques faites par les 3 enfants sans s’être consultées. J’aurais aimé que vous eussiez entendu Jeannette : « Le beau Ange » est à recommencer entièrement, et le visage de la Vierge est bien loin de la satisfaire, il est trop gros, et le tout manque de lumière, les ailes ce n’est pas cela. Comme Bernadette [de Lourdes], je crois que nous n’arriverons pas à la contenter. »

Après de nombreux déboires pour obtenir l’accord de la Commission d’Art sacré, une grotte en verre éclaté, blanc sur fond or éclairée par des projecteurs, est installée pour Noël 1948. Dans un premier temps, le chanoine Ségelle n’ose pas demander à l’Archevêque d’y placer une représentation des apparitions. C’est une grande statue de Notre-Dame de Lourdes qui occupera la grotte. La statue de Notre-Dame des Victoires, qui dominait l’autel de la Sainte Vierge, est enlevée et remplacée par un bas relief, œuvre de Mlle Paulette Richon. La nouvelle grotte est bénie le 2 février 1950.

sculpture sen touraine
D’autres oeuvres de Mlle Richon

Paulette Richon s’emploie aussi à réaliser la Vierge et l’Ange, en attendant la permission de Monseigneur. C’est l’ange qui est placé d’abord. Le 15 août 1966, avec l’autorisation de Mgr Ferrand, archevêque de Tours, les deux statues sont installées et bénies. C’est à ce moment-là que Mgr Fiot, vicaire général, proposa le vocable de « Notre-Dame de la Prière », qui fut adopté depuis.

Article sur Paulette Richon

Extrait du catalogue de l’exposition Scutltures en Touraine – promenade autour de 100 oeuvres”, exposition du Conseil général d’Indre et Loire du 25 octobre au 15 mars 2015.

Paulette Richon a réalisé de nombreuses oeuvres en Touraine, dont le “Christ de Rio” de Chinon. Une artiste à découvrir !

A télécharger ici.

 L’ensemble statuaire d’aujourd’hui réalisé par Madame Paulette Lecomte

Travaux du clocher

Le mercredi 15 mai dernier, vers 8 heures, est arrivée une grue spéciale de Tours. Des 9h30, le clocher d'un seul tenant...