Les personnes autour de Notre-Dame de la Prière

Nombreux sont ceux d’entre nous qui peuvent témoigner aujourd’hui des grâces reçues, en ayant écouté l’aînée des 4 fillettes, Jacqueline Aubry, donner le témoignage de ce qu’elle a vécu avec ses trois petites amies dans l’église Saint Gilles du 8 au 14 décembre 1947 lors des 10 visites célestes !

Les témoins directs

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Jacqueline Aubry

Jacqueline Aubry est née le 28 septembre 1935 à L’Ile-Bouchard (Indre-et-Loire). Ses parents, Marcel Aubry et Madeleine Robin, mariés en 1928, tiennent une pâtisserie au 16 de la rue Gambetta. Jacqueline a un frère aîné, Jacques (1933-1997) et une sœur plus jeune, Jeannette (1940-2011). La mère travaillant, une voisine, Mlle Grandin, emmène en promenade les petits Aubry. C’est elle qui apprendra à Jacqueline à réciter le Je vous salue Marie.

M. et Mme Aubry ne pratiquent pas, mais ils envoient leurs filles à l’école primaire tenue par les Sœurs de Jeanne Delanoue, rue de Beauvais, et au catéchisme à la paroisse. Jacqueline obtient son certificat d’étude en 1949, puis apprend la couture. En 1951, Monsieur Aubry meurt d’un cancer et Madame Aubry, après avoir mis la pâtisserie en location, s’installe à Tours avec ses enfants. Jacqueline travaille quelque temps dans une boutique d’objets d’art puis, grâce à une religieuse qui aide sa famille, elle prépare le brevet élémentaire et devient institutrice. Elle enseignera à l’Institut Saint-Saturnin, rue des Tanneurs, puis à l’école Sainte-Agnès sur la paroisse Notre-Dame-la-Riche. Ses dons pédagogiques lui vaudront une appréciation élogieuse de l’inspecteur. Très aimée des enfants, elle éveille chez plusieurs d’entre eux une vocation sacerdotale ou religieuse. À la suite de problèmes de santé, elle prend sa retraite en 1992 et revient habiter L’Ile-Bouchard.

Au-delà de ces faits extérieurs, la vie de Jacqueline Aubry a été profondément marquée par les événements survenus à L’Ile-Bouchard en 1947, alors qu’elle avait 12 ans.
Rappelons que le 8 décembre 1947 à 13 heures, encouragées par les religieuses de l’école, Jacqueline, sa sœur Jeannette et sa cousine Nicole entrèrent prier dans l’église Saint-Gilles. C’est là qu’elles virent toutes les trois « une belle Dame » dans l’angle de la chapelle de la Sainte-Vierge. Ce fut le début d’une semaine d’apparitions quotidiennes durant lesquelles celle qui se présenta comme leur « Maman du ciel » invita les enfants à « prier pour la France qui en a grand besoin ». Depuis, les pèlerinages à Notre-Dame de la Prière n’ont cessé de se développer.

Jacqueline, elle, est restée discrète au point qu’il est arrivé fréquemment à des pèlerins de la rencontrer dans l’église Saint-Gilles, en train de faire les bouquets ou le ménage. Elle ne se faisait pas reconnaître, même si on lui demandait où était Jacqueline Aubry ! Par sa participation à la messe quotidienne et au chapelet, par son intercession pour les intentions qu’on lui confiait, elle a vécu fidèlement l’invitation de la Vierge Marie à prier.

En 1998, elle est entrée dans la Communauté de l’Emmanuel, où, à son habitude, elle est restée discrète.

Obéissante à l’Église, elle acceptait de donner le témoignage des apparitions de 1947, qu’elle avait le don de raconter comme si elle venait juste de vivre ces événements. Ne ramenant rien à elle-même, elle éveillait chez ses auditeurs le goût de la prière et l’amour de la Vierge Marie.

Le 15 mars 2016, elle est retournée vers sa « maman du Ciel » après quelques années d’une pénible maladie. Ses obsèques ont été présidées par Mgr Aubertin, archevêque de Tours, le 19 mars (jour de la St Joseph), dans l’église où Jacqueline avait vu la « belle Dame » près de 70 ans auparavant. Sa tombe au cimetière Saint-Gilles est fréquemment visitée par les pèlerins.

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Nicole Robin

Cousine issue-de-germaine de Jacqueline et Jeannette (le grand-père paternel de Nicole et le grand-père maternel des sœurs Aubry étaient frères), elle est née le 15 septembre 1937. Ses parents, catholiques pratiquants, sont fermiers au lieu-dit du « Pont », commune de Panzoult, à 2 km de L’Ile-Bouchard. Les jours d’école, elle déjeune chez les Aubry.

Après 1947, la distance géographique et la protection de ses parents l’ont tenue à l’écart de ses compagnes. Mariée et mère de trois enfants, elle a vécu à côté de Saumur une vie ordinaire de chrétienne engagée dans sa paroisse. Elle parlait à ses proches de ce qu’elle avait vécu, invitant parfois des amis à l’accompagner à L’Ile-Bouchard pour les pèlerinages du 8 décembre, mais de manière très discrète.

Elle est décédée le 21 novembre 2018.

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Laura Croizon

Née à Savigné-sur-Lude (Sarthe) le 3 avril 1939, Laura Croizon est issue d’un milieu très défavorisé. Le P. Ségelle disait d’elle que la Sainte Vierge avait choisi « un lis au milieu d’un tas de fumier ».

Sa famille arrive à L’Ile-Bouchard vers 1941 et s’installe rue Gambetta en face de la pâtisserie Aubry. Mme Croizon est veuve et s’est mise en ménage avec un milicien rouge évadé d’Espagne du nom de Pedraza. Elle est de tempérament violent et traite durement ses enfants. Après 1947, elle cherchera à « exhiber sa fille » et à tirer de l’argent des évènements.

La famille est aidée matériellement par les Aubry et les religieuses prennent Laura Croizon et sa sœur aînée Sergine dans leur école par charité. Laura est baptisée à l’église Saint-Gilles de l’Ile-Bouchard le 14 septembre 1942.

Plus tard, le chanoine Ségelle régularisera le ménage de Mme Croizon et Pedraza.

Le 8 décembre 1947, Laura passe devant l’église Saint-Gilles avec sa sœur Sergine. Elles sont appelées par Jacqueline Aubry, Nicole Robin et Jeannette Aubry qui viennent d’y voir une belle dame. Laura, dès le milieu la nef, s’écrie : « Je vois une belle dame, et je vois aussi un ange », tandis que Sergine ne voit rien.
Après les évènements de 1947, le Chanoine Ségelle juge bon de soustraire Laura à un milieu familial peu propice à la vie chrétienne. En accord avec le P. Jamet, archiprêtre de Loches, elle est envoyée dans une famille de cette paroisse, M. et Mme Deschamps. Le Chanoine Émile Baranger, qui était alors vicaire à Loches, a écrit à Laura près de 50 ans plus tard : « S’il en était besoin, tu m’aurais fait croire à la réalité des apparitions ».

Laura a été très éprouvée durant sa vie : santé très précaire, équilibre fragile, misère matérielle, vie matrimoniale difficile. Malgré tout elle a toujours conservé sa foi et son amour de la Sainte Vierge, gardant jusqu’à la fin sur son cœur une image de Notre-Dame de la Prière.

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Jeannette Aubry

Jeanne Aubry, dite Jeannette, est née le 9 février 1940, troisième et dernière enfant de Marcel et Madeleine Aubry.

Jeannette avait 7 ans lors des événements qui se sont déroulés à L’Ile-Bouchard du 8 au 14 décembre 1947. C’était la plus jeune des quatre petites filles. De tempérament réservé, elle parlera peu de ce qu’elle a vécu mais le gardera toujours dans son cœur et participera fidèlement aux pèlerinages du 8 décembre ainsi qu’aux événements importants concernant Notre-Dame de la Prière.

Adulte, elle vit à Paris où elle exerce les métiers d’ambulancière, puis d’informaticienne. Avec son amie inséparable Jeanne, elle revient passer ses congés à L’Ile-Bouchard. C’est là que, pour aider

Marie Pineau, une fidèle paroissienne de L’Ile-Bouchard qui élève une centaine de moutons, les deux amies se forment au métier de bergère. Pendant les vacances, elles occupent la ferme des Rameaux, qui appartient à Marie et celle-ci laisse alors le soin du troupeau à Jeannette et Jeanne. Une fois à la retraite, toutes deux s’installeront définitivement aux Rameaux.

A la rentrée 2011, Jeannette subit des examens médicaux qui décèlent un cancer du poumon. L’évolution est très rapide et le 2 décembre suivant, Jeannette Aubry retourne à Dieu très paisiblement, aux Rameaux, entourée d’un ami prêtre et de sa sœur Jacqueline. Ses obsèques sont présidées à l’église Saint-Gilles de L’Ile-Bouchard le 7 décembre par Mgr Aubertin, archevêque de Tours, la veille du 64e pèlerinage à Notre-Dame de la Prière. Jeannette est inhumée dans le caveau familial au cimetière Saint-Maurice de L’Ile-Bouchard.

Les témoins secondaires

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Le chanoine Ségelle

L’abbé Clovis Jules Louis Ségelle est né le 21 décembre 1874 à Tours. Il était le fils de Narcisse Ségelle, cordonnier à Tours et de Marie Solange Doré, son épouse. Il est entré au Grand Séminaire de Tours à la rentrée du 2 octobre 1894,  ordonné diacre le 27 mai 1899 et prêtre le 9 juin 1900 à la cathédrale de Tours. Ses premiers ministères : professeur au Petit Séminaire (octobre 1900), vicaire à Yzeures (1901), vicaire à Saint-Denis d’Amboise (1902).

Il est nomme curé doyen de Saint-Gilles de L’Ile-Bouchard le 9 décembre 1921 (en remplacement de l’abbé Auguste Gaignard démissionnaire), puis sera aussi nommé curé de Saint-Maurice de L’Ile-Bouchard le 30 décembre 1921. Il est chanoine honoraire nommé le 9 novembre 1934, installé le 15 novembre 1934, et sera chanoine titulaire nommé le 16 septembre 1960.

En 1947, le père Ségelle assistera aux apparitions à partir du jeudi. La grande joie du Chanoine Ségelle était d’accueillir les pèlerins nombreux depuis 1947. Quelle émotion il éprouvait en racontant les faits ! Le 23 août 1960, Monsieur le Chanoine Ségelle quitte L’Ile-Bouchard pour prendre sa retraite à Tours, à la demande de Monseigneur Ferrand.

Il fêtera à L’Ile-Bouchard ses Noces d’Argent (1925), ses Noces d’Or (1950) et ses Noces de Diamant (1960). Il y reviendra en juin 1970 fêter ses 70 ans de sacerdoce (noces de platine). Ce sera son dernier pèlerinage à Notre-Dame de la Prière. Dans cette petite nef romane, il dira à Marie : « Je ne vous reverrai plus ici, mais là-haut ». Il meurt le 4 août 1970 à Tours.

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Les sœurs de Jeanne Delanoue

Sœur Léon de la Croix

Marie-Thérèse Gabory est née à Chemillé (Maine-et-Loire) le 17 février 1893. Elle entre le 6 octobre 1911 dans la congrégation qui s’appelait alors « Sœurs de Sainte-Anne de la Providence de Saumur » (maintenant Sœurs de Jeanne Delanoue), à la Maison-Mère de Saint-Hilaire Saint-Florent, près de Saumur. Elle reçoit le nom de Sœur Léon de la Croix, mais on l’appelle couramment Sœur Saint-Léon.

Sr Saint-Léon est décédée à la Maison-Mère le 10 septembre 1962, après avoir été au service des enfants dans différentes écoles et pensionnats tenus par la congrégation.
Elle a été notamment à L’Ile-Bouchard de 1934 à 1960, directrice de l’école primaire privée des filles.

Sœur Saint-Léon a une forte personnalité, un caractère enjoué et dynamique. Elle est active à la besogne et d’une grande conscience professionnelle. Animée d’une foi profonde et d’un grand amour de la Vierge Marie, elle garde cependant les pieds sur terre. « Tempérament tout d’une pièce, a-t-on dit d’elle, n’envoyant pas dire par d’autres ce qu’elle pensait elle-même. » Ses répliques à l’occasion des événements de L’Ile-Bouchard en sont une illustration !

Les événements de 1947 ont profondément marqué Sr Saint-Léon. Après quelque temps de scepticisme, la directrice de l’école a la conviction que ses petites élèves ont réellement bénéficié d’une visite de la Vierge Marie. Elle prend à cœur de les soutenir. Elle est d’une aide active et fidèle auprès du Chanoine Ségelle, lorsqu’il doit faire face à une abondante correspondance après ces événements.

La proximité de la Vierge Marie a contribué à adoucir le caractère de notre religieuse. C’est ce que Sœur Marie de l’Enfant Jésus a constaté, elle qui, toute jeune encore, craignait le fort tempérament de sa consœur. Le soir du 8 décembre 1947, les trois sœurs de Jeanne Delanoue de L’Ile-Bouchard se retrouvent, selon la coutume de la congrégation, pour se consacrer à la Vierge. Ce soir-là, elles le font avec une ferveur plus intense et une communion fraternelle plus sensible. Sœur Marie de l’Enfant-Jésus témoigne que les relations entre elles en sont transformées.

Sœur Marie de l’Enfant-Jésus

Marie Brechoire est née le 26 août 1924 à Vernoux-en-Gâtine (Deux-Sèvres) dans une famille d’agriculteurs chrétiens. Entrée chez les Sœurs de Jeanne Delanoue en octobre 1940, elle est arrivée à L’Ile-Bouchard en septembre 1945, juste après sa profession perpétuelle.

Elle était, à l’école primaire libre des filles de L’Ile-Bouchard, maîtresse de la petite classe, donc de Laura et de Jeannette. Tout de suite convaincue de la réalité de ce qu’ont vu ses élèves le 8 décembre 1947, elle a eu à plusieurs reprises l’occasion de témoigner avec Jacqueline Aubry.

Repartie de L’Ile-Bouchard en septembre 1949, elle a résidé dans plusieurs maisons de sa congrégation dont 30 années à Madagascar de 1956 à 1987 et plusieurs années à Cholet. Elle a terminé sa vie à la maison-mère, à Saint-Hilaire Saint-Florent près de Saumur, où elle est décédée le 16 juin 2005.