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Fête de Notre-Dame du Mont Carmel

Epoque médiévale

Fondation de l’Ordre du Carmel

Fin XIIe-début XIII siècle, fut fondé en Palestine dans la région du Mont Carmel,  l’Ordre des Carmes. Cet Ordre contemplatif se plaçait sous la protection de la Vierge Marie et se mettait à la suite du prophète Elie et des ermites des premiers siècles.

St Simon Stock

Prieur général de l’Ordre des Carmes, saint Simon Stock (né en Angleterre en 1165 et mort à Bordeaux en 1265) dut affronter une grave crise menaçant son Ordre. Face à cela, il implore le secours de la Vierge Marie qui lui apparaît le 16 juillet 1251, un scapulaire à la main, entourée d’une multitude d’anges. Elle lui dit : « Voici un signe pour toi et un privilège pour tous les Carmes : celui qui mourra dans cet habit sera préservé des flammes éternelles »[1]. Et elle lui remit le scapulaire. Ce don s’est avéré être la source de nombreux prodiges dont St Simon fut témoin. C’est pourquoi, dès 1281, ce vêtement fut intégré à l’habit que portaient les Carmes : « le scapulaire sera conservé et gardé comme auparavant en tant qu’habit spécial de l’Ordre »[2], d’après les Constitutions des Carmes.

Epoque contemporaine

Lourdes (1858)

Dans les Pyrénées, à Lourdes en 1858, la Vierge Marie conclut son cycle de visites le 16 juillet, en cette fête de Notre-Dame du Mont Carmel, lors de laquelle elle demeura silencieuse : « jamais je ne l’avais vue aussi belle », témoigna sainte Bernadette, qui portait déjà elle-même le scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel.

Fatima (1917)

La dernière apparition de Marie au Portugal ne fut pas un 16 juillet mais le 13 octobre 1917 ; cependant la Vierge Marie portait à cette occasion un scapulaire. À la question qui lui fut posée à ce sujet en 1950 par le père H. Rafferty, sœur Lucie (l’une des voyantes) répondit : « Notre-Dame tenait le scapulaire en ses mains parce qu’elle veut que tous, nous le portions »[3]. Dans son livre intitulé “Appels du message de Fatimaˮ, approuvé par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, sœur Lucie précise ses propos : « Dans l’apparition de Notre-Dame du Carmel, on peut découvrir un autre sens : un appel à la sainteté. (…) Marie est ainsi, pour nous tous, le modèle le plus parfait de la sainteté à laquelle peut s’élever une créature, sur cette pauvre terre d’exil (…) “Soyez saints, car moi le Seigneur votre Dieu, je suis saintˮ (Lv 19, 1-2). C’est là un commandement qui nous oblige à obéir à tous les autres commandements, parce qu’en transgresser un seul, c’est manquer à la sainteté. Le devoir d’être saints est une obligation pour tous, même pour ceux qui n’ont pas la foi. Il est évident qu’en ce cas, sans la vertu de la foi, la sainteté sera seulement dictée par leur conscience et sera privée du mérite surnaturel, puisqu’il leur manque la raison fondamentale qui met en valeur la vraie sainteté : être saint parce que Dieu est saint. Être saint pour être agréable à Dieu, pour lui ressembler, pour accomplir sa volonté, pour lui faire plaisir et lui prouver tout notre amour. Comme je le disais, ceux qui n’ont pas le bonheur de posséder le don de la foi sont également obligés d’être saints par une exigence de la conscience humaine ; pour la même raison on dit que, même sans avoir la connaissance de Dieu, tous ceux qui accomplissent la loi naturelle peuvent se sauver. Pour nous qui avons le bonheur d’avoir le don de la foi, reçu avec le baptême, le devoir d’être saints nous oblige à quelque chose de plus : nous revêtir de la vie surnaturelle, imprimer à toutes nos actions le caractère surnaturel, c’est-à-dire être saints parce que Dieu le veut et parce que Dieu est saint. »[4]

L’imposition du scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel

Scapulaire

C’est une étoffe en 2 morceaux (une sorte de vêtement en miniature), avec une image de Jésus d’un côté, et de l’autre, une de la Vierge. Autrement dit, le scapulaire est un “vêtement de salutˮ (entendu au sens d’Isaïe 61, 10 : « Mon âme exulte en mon Dieu, car il m’a revêtue des vêtements du salut… »), en tant que signe de consécration à Dieu, dans l’état de vie de chaque chrétien. C’est pourquoi de nombreux saints l’ont revêtu, à l’exemple de saint Louis, saint Louis-Marie Grignion de Montfort, saint Jean Bosco, saint Jean Paul II, et tant d’autres, en incluant bien sûr tous les saints du Carmel. En méditant les fruits de cette école de vie, le Pape Pie XII observe : « Combien d’âmes, en des circonstances humainement désespérées, ont dû leur suprême conversion et leur salut éternel au scapulaire dont ils étaient revêtus ! Combien aussi, dans les dangers du corps et de l’âme, on sent, grâce à lui, la protection maternelle de Marie ! »[5].

Promesses et engagements

En donnant le scapulaire, la Vierge annonce 3 promesses : préservation de l’enfer, « libération du purgatoire (privilège sabbatin[6]) et protection contre les dangers de l’âme et du corps »[7]. Certes, il y a des promesses, mais il y a aussi des engagements de la part de celui qui souhaite porter le scapulaire. Avant tout sont requis une droiture d’intention en visant à s’engager dans une vie de conversion[8], le fait de le porter tout le temps, vivre dans la chasteté, selon l’état de vie de chaque chrétien – « complète dans le célibat, ou conjugale dans le mariage » -, et aussi d’avoir une prière mariale quotidienne. À ce sujet, face à une objection considérant ces signes chrétiens comme de la superstition et défendant l’idée que seule compte l’intériorité sans besoin de l’extériorité d’un signe de dévotion, saint Louis-Marie répond en soutenant l’aide de ce “vêtementˮ pour tenir ses engagements du baptême : « une des raisons pourquoi si peu de chrétiens pensent à leurs vœux du saint baptême, et vivent avec autant de libertinage que s’ils n’avaient rien promis à Dieu, comme les païens, c’est qu’ils ne portant aucune marque extérieure qui les en fasse ressouvenir »[9]. En fait, « les pratiques extérieures bien faites aident les intérieures, soit parce qu’elles font ressouvenir l’homme, qui se conduit toujours par les sens, de ce qu’il a fait ou doit faire ; soit parce qu’elles sont propres à édifier le prochain qui les voit, ce que ne font pas celles qui sont purement intérieures ».[10]

Rituel d’imposition

Avant une éventuelle démarche d’imposition du scapulaire, il est recommandé d’expliquer « à la personne concernée de quoi il s’agit » -c’est-à-dire les promesses et les engagements particulièrement précédemment évoqués- et de « s’être assuré de son intention droite »[11]. Puis, en suivant un rituel précis[12], le scapulaire -béni par un ministre ordonné- est imposé, (« c’est-à-dire placé autour des épaules »[13]) avec les paroles suivantes : « reçois ce scapulaire, qui te donne d’entrer dans la famille honorée du titre de « Frères de la bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel ». Porte-le comme un signe de la protection maternelle de la Vierge et de ton engagement à l’imiter et à la servir. Que la Mère de Dieu t’aide à revêtir le Christ. Qu’il vive en toi pour que tu rendes gloire à la Trinité en coopérant dans l’Eglise au bien des frères »[14].

Notes

1. Un moine de l’abbaye Saint-Joseph de Clairval, le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel, 2001, Flavigny-sur-Ozerain, p.15

2. Ibid., p.16

3. G. Barrey, Publie ma gloire !, Versailles, 2019, p.74

4. Sœur Lucie, Appels du message de Fatima, ed. secrétariat des pastoureaux, Fatima, p. 205-206

5. Cité dans Un moine de l’abbaye… op. cit., p.23

6. « Son origine est la “Bulle sabbatineˮ que le pape Jean XII aurait accordée en 1317, après avoir été favorisé d’une vision de la bienheureuse Reine du Carmel. La Sainte Vierge promettait au Saint-Père de délivrer du Purgatoire, le samedi après leur mort, ceux qui porteraient son scapulaire », en veillant à respecter quelques conditions : prière mariale, chasteté, port du scapulaire, etc. ibid. p.19

7. ibid. p.49

8. St Louis-Marie, Secret du Rosaire n°117 : en portant le scapulaire, il faut « que la personne soit dans la résolution de sortir de son péché », sinon « on se rendrait du nombre des faux dévots présomptueux et impénitents qui, sous le manteau de la Sainte Vierge, avec le scapulaire, sur leur corps et le rosaire à la main, crient : “Sainte Vierge…ˮ et cependant crucifient et déchirent cruellement Jésus-Christ par leurs péchés », cité dans Un moine…, op. cit., p.32

9. St Louis-Marie, traité de la vraie dévotion, Paris, 1966, n°238, p.180

10. Ibid., n°226, p. 172

11. Un moine…, op. cit.,  p.52

12. Rituel de bénédiction et d’imposition du scapulaire de la B.V. Marie du Mont-Carmel, approuvé par la sacrée Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le 10 avril 1996

13. un moine, op. cit.,  p. 47

14.  Ibid.,  p.59