Actualités des Paroisses Ile-Bouchard & Richelieu

Confréries Paroissiales du Rosaire

Depuis le dimanche 23 novembre 2014, des “Confréries paroissiales du Rosaire” prient chaque semaine le chapelet dans plusieurs églises de notre Paroisse ND en Bouchardais.

Père Josselin Scherr et père Antoine-Marie Berthaud, op
Père Josselin Scherr et père Antoine-Marie Berthaud, op

Cette proposition est venue dans le coeur du  P. Antoine-Marie Berthaud, dominicain, Directeur du Rosaire et Prédicateur pour la région Bordeaux-Grand-Sud-Ouest, Aumônier national-adjoint du mouvement des Equipes du Rosaire, et Aumônier régional des Equipes du Rosaire pour le Grand-Sud-Ouest. Il est venu à L’Ile-Bouchard pour le lancement des confréries.

Homélie du P. Antoine-Marie Berthaud dimanche 23 novembre 2014 à saint Gilles de l’Ile-Bouchard 

Conférence de lancement par le P. Antoine-Marie Berthaud, le 23 novembre 2014 

Cette initiative répond à l’invitation du Cardinal André Vingt-Trois, lors de son discours de clôture du 9 novembre 2011 à l’assemblée de la Conférence des évêques de France :

La fête du dimanche en un lieu central ne doit pas se traduire par un abandon des églises de nos villages. Elle rend d’autant plus importante notre capacité à « habiter » toutes nos églises. Nous appelons les chrétiens de chaque village qui en ont la possibilité pratique au cours des jours ouvrables à les rendre vivantes par des réunions de prière fréquentes à leur initiative.”

Il s’agit de se réunir à quelques uns dans l’église du village, sonner les cloches, la fleurir, la nettoyer … et de réciter le chapelet, une demi-heure, avec l’aide d’un feuillet mensuel auquel chaque responsable de confrérie (le prieur) est abonné. La 1ère dizaine est toujours dite pour les intentions des habitants du village.

NDduRosaire

 Les Confréries paroissiales du Rosaire de la paroisse ND en Bouchardais  :
  • Avon les Roches, confrérie Notre Dame,
  • Brizay, confrérie saint Pierre,
  • Crouzilles, confrérie Notre Dame,
  • Panzoult, confrérie saint Vincent,
  • Parcay, confrérie saint Pierre,
  • Marcilly,confrérie saint Blaise,
  • Pouzay, confrérie Notre Dame,
  • Rilly-sur-Vienne,confrérie saint Martin,
  • Chézelles, confrérie saint Pierre aux Liens
Le Rosaire

Méthode de prière universelle dans l’Eglise, le Rosaire s’enracine dans la spiritualité dominicaine. Directeur du Rosaire pour la région “Bordeaux-Grand-Sud-Ouest” et spécialiste de cette dévotion mariale, le frère dominicain Antoine-Marie Berthaud nous invite à la découvrir.

D’où vient le Rosaire ?

Sa pratique remonte au XIe s ., époque où les religieux illettrés récitent Pater et Ave à la place de l’office des moines de chœur, qu’ils ne peuvent lire. Aux 150 psaumes de la liturgie correspondent ainsi les 150 Ave du “Psautier de Marie”, que l’on compte grâce à un grand chapelet ou “rosaire”. Au XIIIe s., les premiers Dominicains connaissent cette récitation des Ave, qui illustre leur fameuse dévotion à la Mère de Dieu. La tradition de l’Eglise ne représente-t-elle pas toujours la Vierge donnant un rosaire à saint Dominique ? Plus tard associée à des méditations sur l’Evangile, cette prière répétitive est codifiée à la fin du XVe s. par le dominicain Alain de la Roche. Elle est alors divisée en trois séries de “mystères”, liés aux moments-clés de la vie de Jésus et de sa Mère. Durant le premier chapelet, on contemple ainsi les “cinq mystères joyeux” concernant la naissance et l’enfance du Christ ; puis ce sont les “cinq mystères douloureux” concernant ses souffrances et sa mort et enfin durant le dernier chapelet, les “cinq mystères glorieux” concernant sa Résurrection et sa glorification avec Marie. Comprenant rapidement le génie et l’enjeu spirituels de cette prière méthodique, L’Eglise demande aux Dominicains de la diffuser. Répandue à travers l’Europe par des Confréries du Rosaire, elle connaît un immense succès. Mais la méditation des mystères se perd néanmoins peu à peu, surtout après la Révolution. Jusqu’à ce que la Vierge de Fatima se dénomme elle-même “Notre Dame du Rosaire” en 1917, et apprenne aux petits voyants à le méditer… Invitant enfin les fidèles à redécouvrir cette vénérable école de prière, Jean-Paul II lui ajoute en 2002 cinq “mystères lumineux”, liés à la vie publique de Jésus : son baptême, sa révélation aux noces de Cana, son annonce du Royaume de Dieu, sa Transfiguration et l’institution de l’Eucharistie. De quoi faire du Rosaire un véritable résumé de l’Evangile.

Le Rosaire a donc un lien “spécial” avec l’ordre dominicain ?

En effet, il est inscrit dans notre règle de vie – un chapelet au moins chaque jour -, et tient une place centrale dans notre spiritualité. Adapté par sa légèreté aux prédicateurs itinérants, il a même un lien direct avec notre mission, qui est de “contempler le mystère de Dieu et d’en prêcher aux autres le fruit”. Moyen simple et sûr de s’unir au Christ sous l’égide de Marie, c’est vraiment un outil d’évangélisation idéal, à la fois contemplatif et populaire. Prière des petits et des pauvres, il est par ailleurs bénéfique aux religieux qui -comme nous- travaillent intellectuellement au service de la foi. En un mot, prière de l’Eglise, le Rosaire s’avère pour mille raisons une prière… dominicaine !

Quelle est sa place dans votre vie ?

C’est d’abord pour moi le souvenir de grand-mères chuchotant leur chapelet à l’église, témoignage de foi marquant pour un jeune esprit… Puis je me suis mis à pratiquer moi-même le Rosaire en suivant le mouvement lors de pèlerinages d’adolescents. Mais je ne l’ai vraiment prié qu’étudiant, avant de le partager en famille, pour porter les événements de notre vie. Bien sûr, les choses ont pris une autre ampleur à mon entrée dans l’Ordre, le rosaire faisant partie de notre bel habit ! Ma pratique “dominicaine” du Rosaire s’est alors gravée dans mon rythme journalier, notamment à la vue de “vieux Pères” dont la science et la sagesse auraient pu les en dispenser. Le signe d’un commun attachement -humble et profond- à Marie.

Que vous apporte le Rosaire aujourd’hui et que peut-il nous apporter ?

La paix et la joie intérieures. Oui, c’est vraiment une “arme de paix” dans le combat spirituel ! Le sentiment que Marie est là, avec sa tendresse maternelle au cœur d’une vie qui n’est pas facile tous les jours. Soutien de ma vocation, il est pour moi comme une “pause” en Dieu. Que ce soit en marchant, en conduisant, dans une salle d’attente ou dans un bus, c’est la possibilité -toujours offerte, pas toujours saisie- de se rendre présent à sa Présence. Si je ne sais pas toujours pourquoi je prends mon rosaire, je le découvre toujours ensuite ! Depuis que j’ai reçu mission de le prêcher, je vis de ses bienfaits, dont me parlent les uns et les autres, surtout les enfants et les jeunes. Chaque fois, j’en suis émerveillé ! Je l’avoue, grâce à lui, je suis un prêtre de plus en plus heureux. Et je ne suis pas le seul à bénéficier de cette grâce…

En pratique, comment le réciter ?

Prière intime et prière de l’Eglise, il vise l’essentiel de toute prière chrétienne : l’union à Dieu. Son “fond” est donc la contemplation du Christ à l’école de Marie, et ce par la méditation des mystères évangéliques. Sa forme se caractérise quant à elle par la simplicité, celle des prières ordinaires du chrétien et de leur répétition. Ce qui permet de demeurer dans la prière en approfondissant le passage d’évangile contemplé pour mieux s’en pénétrer. Ainsi, le Rosaire peut être dit par tous, petits et grands, en toutes circonstances : chez soi, en chemin ou à l’église, seul ou en groupe, en famille ou en communauté… Une ou deux dizaines, un chapelet ou le Rosaire entier, tout est possible ! Le Rosaire accompagne aussi les grandes fêtes et les temps liturgiques tout au long de l’année. Il soutient la vie personnelle et collective au rythme des événements heureux ou douloureux. Il éduque en un mot à la vie de prière, fidèle et persévérante. Et si Marie et l’Eglise insistent tant à ce propos, c’est bien qu’il y a là un important secret…

Quels sont les obstacles à surmonter ?

Demandant une certaine discipline comme toute chose de valeur, le Rosaire se voit reprocher parfois sa monotonie. Or la répétition n’est ici qu’un outil de mémorisation et d’intériorisation, selon une antique méthode de méditation commune à bien des religions. Un moyen pour mieux s’imprégner des mystères du Christ, qui nous demande de prier sans cesse. Ce n’est pas facile… Mais à l’école du Rosaire, nous pouvons justement nous entraîner à cette fidélité, où la Vierge Marie nous accompagne de l’intérieur. “Priez, dit-elle, jusqu’à ce que vous ayez la joie de prier”. Se lasse-t-on de dire à quelqu’un qu’on l’aime ?

Propos recueillis par Eric Vinson

FICHE METHODE

Prier le Rosaire sans tension et avec souplesse :

On ne compte pas ses grains de chapelet comme on compte ses sous ! Pas grave, donc, si on en oublie ou ajoute un… Egrener plutôt sa dizaine comme un sablier que l’on retourne, le temps de se fixer sur le mystère à méditer. C’est juste un instant de gratuité, de présence au Christ et à Marie. Un bon moment à passer en leur compagnie, sans crispation. Pour contempler, tout simplement.

Réciter un mystère du Rosaire :

  1. Nommer le mystère choisi -lire le passage de la Parole de Dieu correspondant et/ou lire une méditation écrite et/ou imaginer la scène- dans le but de contempler le Christ, son visage, ses paroles, son attitude, à la suite de Marie.
  2. Prendre ensuite un temps de silence.
  3. Dire un “Notre Père” et dix “Je vous salue Marie”, puis un “Gloire au Père”, sans précipitation, ni lenteur. Comme une musique, un mantra oriental, une litanie qui porte la méditation.

A plusieurs, il est bon de réciter en chœurs alternés…

Prendre la Vierge Marie pour “maître spirituel” (Jean-Paul II).

A travers ces différentes étapes du Rosaire, je demande à Marie de contempler Jésus avec ses yeux à Elle ; de l’écouter avec ses oreilles à Elle ; de le comprendre et de l’aimer avec son coeur à Elle, qui a su en tout contempler son Fils à la perfection.

Pour une méditation quotidienne durant la semaine :

Lundi : mystères joyeux (Annonciation, Visitation, Nativité, Présentation et Recouvrement de Jésus au Temple) ; Mardi : mystères douloureux (Agonie au Jardin des Oliviers, Flagellation, Couronnement d’épines, Portement de Croix et Mort de Jésus) ; Mercredi : mystères glorieux (Résurrection, Ascension de Jésus, Pentecôte, Assomption de Marie et son Couronnement) ; Jeudi : mystères lumineux (Baptême de Jésus, Noces de Cana, Annonce du Royaume de Dieu, Transfiguration et Eucharistie) ; Vendredi : mystères douloureux ; Samedi : mystères joyeux ; Dimanche : mystères glorieux.

Vous désirez rejoindre une confrérie du Rosaine, ou en créer une dans votre village : contacter le père Josselin.