Actualités du Sanctuaire Marial de l'Ile-Bouchard

Ce jour-là, 8 décembre, un jour comme les autres.

Ce visuel de la fête des lumières à Lyon chaque 8 décembre reprend une statue de Marie sculptée par la même artiste que celle de l’Ile-Bouchard, Paulette Lecomte.

Ce jour-là, à peine sortie de l’occupation, de la résistance, des déportations, des exactions et des trahisons, du rationnement et des villes détruites, des exécutions sommaires et de la vengeance, la France prenait le risque de la guerre civile. Le pardon et la réconciliation étaient encore loin des esprits.

« Dites aux petits enfants de prier pour la France, car elle en a grand besoin ».

Ce même jour, un huit décembre, bien avant la guerre, Bernadette fut déclarée sainte. Huit décembre, fête de l’immaculée conception, lumières dans la ville. Ce matin-là, une femme toute donnée au Christ dans sa souffrance, vivant de la seule Eucharistie, rassurait un homme d’Eglise inquiet du sort funeste de la France. Elle ne pressentait pas, elle savait. Ce matin-là, Marthe annonçait déjà le rayon de soleil qui, six jours plus tard, transpercera l’hiver. L’ange de l’Annonciation veillait déjà. Depuis la prière de quatre enfants pour Marie au fond d’une chapelle, mille chemins, mille pèlerinages, et toujours au pied de l’autel un bouquet de lys blancs. « Je donnerai du bonheur aux familles »

Depuis ce jour-là, que de regards d’enfants pour une « belle Dame » ! Cette église d’un village de Touraine ne valait ni plus ni moins que toute autre église romane d’un village d’une autre campagne de France. Jeanne y aurait assisté à la messe avant d’aller à la rencontre du dauphin en sa forteresse proche. Le sacre inespéré approchait. A l’entrée de cette église, un baptistère en pierre d’un seul bloc ancre les croyants à la source vive de la foi. Dans les derniers jours de la venue de la « Belle Dame », l’église Saint-Gilles de l’Ile Bouchard s’avéra trop petite pour accueillir au-delà de ses deux nefs la foule rassemblée.

« Dites à la foule qu’elle chante le Magnificat ! »

Messages pour hier et pour aujourd’hui, pour la guerre et pour la paix, pour la réconciliation et le pardon, l’offense et la miséricorde, pour la lumière des bougies innombrables, pour la rivière proche et pour les fleuves, le ciel déchiré et les océans apaisés, les blessés de la vie et les témoins du silence. Messages pour une marche et pour une pause. Ce jour-là, la belle Dame devint l’amie à jamais du cœur des enfants.

Lorsque les yeux purulents s’ouvrent enfin au jour, lorsque la frange d’or transcende les plus noirs nuages. Le froid est vaincu, la nuit est brisée. Le buis du cimetière annonce les pas du ressuscité. Ici la belle Dame épargna à la France la pire des guerres, la guerre civile. Ici, aujourd’hui et pour demain, son sourire et sa main tendue à l’humanité annoncent la rédemption des pécheurs. Oui, elle est « notre maman du ciel » ! L’enfant perdu retrouvera son père et sa mère. Des lois violentes seront effacées de la mémoire. L’enfant à naître pourra espérer la vie avant la mort. Dans le creux de ma main toujours un chapelet. Et la foule, sur le parvis, entonnera le « Je vous salue Marie », ce cantique qu’elle aime bien.

– Alors elle donnera à jamais du bonheur aux familles – FC, 8 décembre, Ile Bouchard