Homélie des
vêpres de l’Assomption 2009
Dans le parc
de Marigny (L’Ile-Bouchard)
Par
Frères et sœurs,
Juste une petite dernière homélie pour la route, pas
longue, pour nous demander ensemble, pour contempler ensemble ce grand mystère
de l’Assomption.
Qui est celle-là ?
Et en pensant à ces quelques mots,
il me revenait ce que Saint
Contempler le mystère le l’Immaculée Conception de
Marie
Mystère initial de l’Immaculée Conception, qui la fait
se placer avant la catastrophe du péché originel, mystère de son Assomption,
qui la fait se placer avant le temps du jugement dernier.
Marie est une femme qui anticipe, qui anticipe toute
chose. Elle nous apprend à
appréhender le temps. Entre ces deux mystères, mystère initial et mystère
final, coule toute la durée de l’histoire universelle humaine.
Marie nous apprend à appréhender le temps, parce que, si pour nous vivre dans le temps c’est
connaître le vieillissement, irions nous jusqu’à penser comme sainte Beuve que
vieillir, c’est se durcir sur certains points, c’est pourrir sur d’autres, mais
ce n’est jamais mûrir.
Pour Marie vieillir, c’est s’identifier. Plus Marie avance dans l’âge, plus elle avance dans
le temps, elle qui est nimbée du soleil et de la lune qui sont les deux astres
qui marquent les jours et les nuits, les signes du temps. Si Marie avance dans
le temps c’est pour découvrir toujours plus davantage la grâce qu’elle a eue
d’avoir été choisie comme Mère de Dieu.
I - A l’école de Marie, vivre la
contemplation :
Longtemps, je me suis demandé
pourquoi à L’Ile Bouchard, en 1947, Marie priait le « Je vous salue Marie », la salutation angélique avec les
enfants. Et en fait je me suis aperçu qu’elle ne se priait pas elle-même, elle
redisait en son cœur les paroles qui lui furent adressées par l’Ange de la part
de Dieu. Pour vivre dans le temps, c’est la première école de Marie, pour vivre
dans le temps, il faut vivre une dimension de contemplation, d’écoute, de
lectio, de médiation de la Parole de Dieu. Heureuse
celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part
du Seigneur ! Heureux ceux qui croient, dira Jésus à la femme qui
l’interpelle. Heureux ceux qui croient à
la Parole de Dieu et qui la gardent ! Marie nous apprends ici à entrer
dans cette école de contemplation, d’écoute de manducation de la Parole de
Dieu.
II- A l’école de Marie, vivre « debout » :
La deuxième école, la deuxième leçon de Marie et du
temps, c’est que Marie est une femme debout. Elle est sempiternellement la « Stabat Mater ». Elle est une
femme debout et nous aussi, nous avons dans ce monde, nous chrétiens baptisés,
à nous tenir debout comme Marie face aux vents contraires de
1- Ca veut dire par exemple, de choisir de donner
sa vie à Jésus, dans la vocation sacerdotale, religieuse, de mettre ses pas
dans ceux de Christ et choisir de le servir lui seul et uniquement, contre les tentations de
pouvoir, d’avoir et de jouissance du monde.
2 - Se tenir debout c’est choisir de fonder un
foyer, de parier sur un avenir, de parier sur la fidélité, et la grandeur
de l’amour qui est plus grand que les petitesses de nos cœurs. C’est parier sur
la fertilité de nos vies alors que nous vivons dans un monde où les valeurs
familiales, tous les jours, sont mises plus à mal.
3 - Se tenir debout dans se monde c’est travailler
à plus de paix et d’unité. La paix a besoin d’artisans. La paix ça se
construit, la paix ça se fabrique. Dans
Ces trois grandes têtes de
chapitres, nous les vivons particulièrement dans le message de l’Ile Bouchard,
où Marie montre sa complaisance pour la prière pour les vocations, où
Marie promet du bonheur aux familles, où Marie nous demande la prière
pour les pécheurs. Elle ne les cloue pas au pilori. Elle demande pour eux
des prières et des sacrifices.
Non seulement Marie nous apprend à appréhender le temps,
mais en plus elle l’involue. .
Marie, mère de notre nouvelle
naissance, à la vie nouvelle :
En elle le temps est quasiment inversé. Il faut nous
souvenir que Jésus, dit un jour à ses disciples, rapporté au chapitre 18 de
l’évangile de St Luc verset 15 « Si
vous voulez un jour rentrer dans le Royaume de Dieu, il vous faut consentir à
ressembler aux petits enfants. »
En Marie le temps est involu, car Marie est notre
mère spirituelle au pied de la croix, elle est
C’est un vieux mythe dans la tête de l’homme. Comment
redevenir enfant une fois vieux. C’est un mythe qui parcourt notre siècle.
Comment éviter la dégradation de la vieillesse, la pesanteur et
l’affaiblissement des esprits et des corps ? La réponse chrétienne à cette
question traverse les siècles. Déjà
Platon, dans le Politique, disait : « la fleur peut-elle redevenir une semence ? » Déjà
Nicodème un soir venant voir jésus disait : « un homme déjà vieux peut-il entrer une seconde fois dans le sein
de sa mère ? » Il ne s’agit pas de naître à nouveau, il s’agit
de naître à une vie nouvelle. Et Marie est maîtresse pour nous apprendre à
renaître à une vie nouvelle, car elle n’a de cesse que de nous enfanter
au cœur de Dieu. Si tous jours, lorsque nous disons la salutation évangélique,
nous disons « Prie pour nous Marie,
maintenant et à l’heure de notre mort. », ce n’est pas tant que l’heure
de la mort soit, pour nous, la seule question véritable de notre existence, la
seule question angoissante, mais plutôt que l’heure de notre mort, c’est l’heure
de notre naissance à Dieu. Et pour mettre nos âmes au monde à Dieu, nous avons besoin d’une mère.
Marie, notre maman du Ciel, nous
donne une famille :
Ce que Jésus nous donne au pied de la croix comme
première image de l’Eglise, c’est une
famille. Il nous donne sa vie, il nous donne sa mère, il nous un frère
en Saint Jean. Marie est celle qui va nous enfanter au cœur de Dieu.
Pour cela il nous faut consentir à ressembler à ces petits enfants auxquels
elle se plait à parler, auxquels elle se plait à se laisser voir.
Marie est le lieu très confortable
pour adorer Jésus.
Les genoux de Marie sont le premier autel, peut être
qui nous présente, au pied de la croix, le corps du crucifié. Il nous faut
courir nous mettre sur ses genoux, courir nous blottir dans le cœur de Marie
pour nous apprendre à prier, pour nous apprendre à communier, pour nous
apprendre à reconnaître Jésus.
Je laisse à votre méditation ces quelques vers tirés
de la fin du livre des Cantique des Cantiques :
« Quelle
est celle qui s’élève du désert, appuyée sur son bien-aimé. Sous le pommier, je
t’ai réveillé, là même où tu fus conçu, la même où ta mère t’a enfanté.
Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, pose-moi comme un sceau sur ton bras, car
l’amour est fort comme la mort et les fleuves ne l’emporteront pas. »
Amen.