SANCTUAIRE DE L’ILE-BOUCHARD, église paroissiale Saint-Gilles
Vêpres de l’Immaculée Conception,
Lundi 8 décembre 2008
61e pèlerinage à Notre-Dame de la Prière

Homélie du Père Yves-Marie COUËT
nouveau Curé de L’Ile-Bouchard

 

            La fête de l’Immaculée Conception est pour nous une joie, puisque c’est la fête de notre Mère du Ciel, nôtre « Maman du Ciel » ; et c’est une joie aussi pour nous, pèlerins de L’Ile-Bouchard, car c’est la plus grande fête du pèlerinage. Et cette fête de l’Immaculée Conception nous concerne tous d’une façon particulière. Tout ce qui concerne la Vierge Marie, qui est le membre le plus éminent de l’Eglise, nous concerne d’une certaine façon.

          Tout d’abord, la Vierge Marie n’a jamais été touchée par le péché, l’œuvre de mort du péché ne l’a jamais atteinte, et nous aussi nous sommes appelés à recevoir cette purification du péché. Marie n’a pas besoin d’être purifiée puisqu’elle a été conçue sans péché, et nous-même, qui avons été conçus dans le péché originel, nous pouvons recevoir cette purification. Nous la recevons d’abord par le baptême qui efface le péché originel en nous, il reste bien sûr une difficulté à faire le bien. Il nous est donné la confession, pour recevoir à nouveau le pardon de nos péchés ; usons et abusons, si je puis dire, de ce sacrement. Il nous est donné comme une grande grâce. Le curé D’Ars disait : « quand je suis triste, je vais me confesser ». C’est compréhensible, car qu’est-ce que la joie ? C’est un désir qui aboutit. Quand nous retrouvons un ami cher : nous sommes dans la joie, notre désir a abouti. Eh bien le grand désir qui est au fond de chaque homme et chaque femme, c’est le désir de Dieu ! Et être avec Dieu, être réconcilié avec Dieu est source de joie, et Marie est vraiment l’image parfaite de la joie. Ainsi dans un premier temps, je vous propose pendant quelques instants de poser ce choix intérieur de se confesser régulièrement, de recevoir régulièrement le pardon de Dieu… Marie est donc dans la joie, elle a ouvert totalement son âme à Dieu, et cela nous concerne aussi. Par la prière nous sommes en communion avec Dieu. Thérèse d’Avila disait : « Si vous me dîtes qu’il y a un chemin pour aller vers Dieu autre que la prière, eh bien vous me mentez. » La prière est nécessaire, elle est vraiment nécessaire. Et ici, la Sainte Vierge apprend aux quatre petites filles, comme une maman, à prier et durant tous ces jours, cela va être une école de prière et la Sainte Vierge continue ici à nous apprendre à prier. Et pour prier, il y a un préalable : c’est de donner du temps pour cela. Et peut-être notre décision de ce soir, de ce pèlerinage, ce serait de donner un temps chaque jour pour Dieu, rien que pour Dieu.

          La Vierge Marie est la plus grande victoire de Dieu. Elle est sauvée pleinement, sauvée par avance et, en elle, le démon est totalement vaincu. Ainsi, elle est le modèle de la vie chrétienne. Le Seigneur Dieu veut être aussi victorieux en nos vies, dans nos familles, dans nos pays. La Vierge Marie demande particulièrement de prier et d’offrir des sacrifices pour les pécheurs. Le dimanche, à L'Ile-Bouchard, la foule, les enfants sont invités à prier une dizaine de « Je vous salue Marie », les bras en croix, pour les pécheurs. Et peut-être, parfois, on peut avoir l’impression de s’ennuyer dans la prière. Eh bien si cela nous arrive, n’hésitons pas à prier pour toutes les personnes pour qui nous ne prions jamais, pour qui personne ne prie. Je pense aux personnes qui sont dans la drogue, dans les trafics de drogue, les malfaiteurs, tous les ennemis de l’Eglise, ceux qui sont profondément méchants, toutes les personnes qui ne respectent pas la vie de l’homme du début jusqu’à la fin de son existence, etc… etc… Et quand nous ouvrons notre journal, quand nous écoutons notre radio, ou que nous regardons la télévision, plutôt que de nous lamenter, transformons toutes ces informations en prière. Dieu veut avoir besoin de notre prière, c’est une erreur de penser que nous ne pouvons rien faire, nous pouvons agir par la prière tout d’abord. Bien sûr aussi par les actes, ils sont nécessaires, mais d’abord par la prière. Ainsi, la Vierge Marie nous ouvre à l’Espérance que ce monde n’est marqué par le mal que pour un temps, le temps du mal est limité et la victoire de Dieu se déploiera entièrement dans notre humanité. Dans ce temps de l’Avent nous l’attendons avec ardeur.

            Prions aussi spécialement pour notre pays : la France, même si la situation est différente qu’en 1947, demandons la vraie paix, celle qui vient du Christ. Que cette paix qui vient de Dieu emplisse tous les domaines de notre société et tous les cœurs. Ainsi la victoire de Dieu en Marie est appelée à se déployer en chacun de nous, dans toute l’humanité. Nous sommes invités à être participants de cette victoire et aussi à l’être par notre prière. Je voudrais citer le cardinal Ivan Dias, il y a un an, à Lourdes, pour l’ouverture de cette année jubilaire. Il disait ceci qui, je pense, nous concerne tous : « Ici à Lourdes, comme partout dans le monde, la Vierge Marie est en train de tisser un immense réseau de ses fils et de ses filles spirituels dans le monde entier, pour lancer une forte offensive contre les forces du malin, pour l’enfermer et préparer ainsi la victoire finale de son divin fils : Jésus Christ ! » Que Notre Dame de la Prière nous apprenne à prier et à aimer ! Amen.