SANCTUAIRE DE L’ILE-BOUCHARD,
église paroissiale Saint-Gilles
Vêpres du 2ème Dimanche de l’Avent (Année A), Dimanche 9 décembre 2007
60e pèlerinage à Notre-Dame
de la Prière
Homélie du Père Bernard MICHON
Responsable des Foyers de Charité
Je voudrais d’abord vous transmettre un merci, très cordial, très joyeux de la part de toute la communauté du Foyer de Chateauneuf. Pourquoi ? Parce que nous sommes venus l’an dernier en deux groupes, début juillet et aussi en septembre. Nous logions à Chézelles et nous venions ici volontiers dans la journée pour nous confier à Notre-Dame de la Prière. Beaucoup, beaucoup de membres m’en ont parlé encore, des semaines, des mois après… Notre pèlerinage ici nous a fait beaucoup de bien. Voilà pourquoi je voudrais d’abord dire ce merci à vous tous, les paroissiens de L’Ile-Bouchard, au Père Afonso, bien sûr, qui nous a accueillis et puis aussi au Père Bernard Peyrous que nous avons la chance, la joie, d’accueillir souvent à Chateauneuf, parce qu’il vient nous aider. Il vient m’aider en particulier pour que le procès de béatification avance à son rythme, mais aussi avec ses lois, ses exigences. Et mon désir est que nous allions vers une publication de prières, de méditations, mais surtout de prières de Marthe. C’est un peu quelques-unes de ces prières que je voudrais vous offrir cet après-midi, ce soir.
Notre-Dame de la
Prière, ici, à L’Ile-Bouchard. C’est pourquoi j’ai pensé que le plus simple
- le plus simple parce que partout où la Vierge se montre, elle se montre dans
une grande simplicité, non pas une simplicité au sens pauvreté, mais simplicité
au sens de l’Evangile, comme les paroles de Jésus. Elles sont simples, elles
sont belles, elles sont pleines, c’est ça la simplicité du Ciel - voilà
pourquoi je voudrais maintenant vous aider à entrer dans la prière de Marthe,
en particulier durant ses passions, et plus particulièrement durant le
vendredi. Pourquoi ses passions ? Elle priait bien aussi les autres jours,
avec les prières de l’Eglise, le chapelet et avec le Père Finet qui venait
prier avec elle tous les jours, spécialement quand elle reçoit la Sainte
Communion, le mercredi soir. Alors pourquoi prendre les prières de Marthe
pendant sa passion ? Parce que c’est là qu’elle est le plus intimement
unie à Jésus. Finalement, c’est Lui qu’il faut souligner, c’est Lui qui est au
centre. Ce n’est pas nous, ce n’est pas la Sainte Vierge, ce n’est pas Marthe.
Au centre de tout, au centre de tout, le nœud, le cœur de la prière, c’est
Jésus. Voilà pourquoi je vais choisir quelques-unes de ses prières, le
vendredi, quand elle est très unie à Jésus. Je n’oublie pas le jeudi soir, ce
moment intense, intense d’amour, d’adhésion, d’adhérence à l’amour, à la
volonté de Dieu qui, dans son Amour, veut le Salut de tous. Et c’est pourquoi
le jeudi soir, Jésus se donne. Plus que cela ! Jésus se livre ! Un
mot évangélique, un verbe très fort ! Jésus se livre tout entier à ses
disciples et à travers eux à toute l’Eglise, à tous les disciples de tous les
temps, et nous savons bien qu’au Cénacle, les femmes n’étaient pas absentes,
même si les manières de prier faisaient qu’hommes et femmes n’étaient jamais
mélangés, comme nous par exemple, maintenant. Ce n’est pas que c’était
inconvenant, mais tout simplement, cela ne se faisait pas. N’allons pas chercher
des complications. Mais les femmes ne sont pas avec les douze, elles ne sont
pas apôtres parmi les douze apôtres, elles sont avec les disciples, hommes et
femmes, qui eux aussi sont en petits groupes, en petites communautés pour
célébrer l’Agneau pascal. Alors qu’est-ce qui les sépare de Jésus avec les
douze ? Seulement un rideau, seulement un rideau ! Autrement dit,
elles ne voient rien, mais elles entendent tout. Voilà pourquoi le jeudi soir,
il y a une communion intense aux paroles et aux gestes ; elles les
devinent, il y a eu des petits bruits familiers quand ils se sont levés pour le
lavement des pieds, quand Jésus leur a dit : « Prenez, mangez ».
En fermant les yeux, elles voient les gestes, elles voient ce grand calice qui
circule : « Prenez, buvez, ceci est mon sang ». Elles
devinent à l’intonation de voix de Jésus. A son intonation de voix, elles le
devinent, elles le sentent, elles le voient en quelque sorte, même s’il y a un
rideau, encore une fois, qui les sépare. Et puis après, toutes les confidences,
tous les grands enseignements suprêmes, les suprêmes paroles, pas seulement les
dernières, mais aussi peut-être les suprêmes paroles de Jésus à ses apôtres, à
son Eglise d’alors et d’aujourd’hui, et de toujours et de tous les siècles, les
chapitres 14, 15, 16 et 17 de Saint Jean. Vous vous rendez compte : le
trésor que nous avons avec ces paroles de Jésus ! Jean les a sans doute
retenues, peut-être notées brièvement – vous savez qu’il y avait des formes de
ce que l’on appelle la tachygraphie, c’est-à-dire qu’on écrit la moitié des
mots et finalement avec la mémoire, on reconstitue presque littéralement. Voilà
pourquoi nous pouvons accueillir chacune des paroles de Jésus du Jeudi Saint,
avec une écoute, un accueil total. C’est vraiment les dernières confidences, au
sens des enseignements les plus intérieurs, les plus importants que Jésus
donne. Et je vous assure que de le faire de temps en temps, quand on peut, et
pourquoi pas le jeudi soir, eh bien vraiment, cela a une force, ce sont des
paroles qui sont des levains. C’est un levain ! Les paroles de Jésus,
c’est comme un levain ! Alors ce n’est pas une bombe, cela ne fait pas
boum ! Mais c’est un levain… Cela élève les cœurs, cela élève les âmes, ça
unit à Jésus et Jésus nous unit à son Père ! C’est ce que nous allons
découvrir très vite dans les prières de Marthe, le vendredi. Je n’oublie pas le
samedi. Ce n’est pas un jour vide. Oh, c’est dommage de le considérer comme
cela. Ce n’est pas un jour vide, toute l’espérance, l’absolue certitude que les
paroles de Jésus vont s’accomplir, est récapitulé ce jour-là et concentré ce
jour-là, dans le cœur de sa Mère, la Vierge Marie. C’est elle, c’est elle qui
se souvient que Jésus a dit plusieurs fois : « Et le troisième jour,
Il ressuscitera. Le Fils de l’Homme sera bafoué, sera humilié, sera crucifié,
il mourra, et le troisième jour, Il ressuscitera ». Comme les apôtres,
comme les disciples n’avaient jamais vu quelqu’un ressusciter, ils
s’interrogent : « Mais qu’est-ce que ça veut dire ? »
Voilà pourquoi le Vendredi Saint au soir, les apôtres, les disciples ne se
rappelaient plus cette parole. La Sainte Vierge est la seule, la seule à s’en
rappeler et la seule à savoir que cette parole s’accomplira. Quand ?
Comment ? Elle ne le sait pas non plus, mais elle en est absolument
certaine. Voilà pourquoi le Samedi Saint est un jour très important, parce que
c’est le jour de l’espérance. Alors que tout peut sembler perdu, pour employer
un mot de tous les jours : tout peut sembler fichu, un peu comme le père
Finet qui rentrait dans la chambre de Marthe un 8 décembre 1947 – vous le
connaissez bien ce jour-là – en disant tout simplement, tout directement à
Marthe : « Marthe, la France est foutue ! » Eh bien
le Vendredi Saint au soir, en langage populaire, tout peut sembler foutu !
La Sainte Vierge, elle, a la certitude que Dieu réalisera sa promesse, que
Jésus accomplira sa Parole, je dirais malgré toutes les apparences. Voilà
pourquoi elle est sûre que Jésus pourra accomplir ce qu’Il a promis. Alors pour
nous, c’est un jour de grâce magnifique, pour toutes les situations qui nous
semblent – je vais employer le même mot – pour toutes les situations qui nous
semblent foutues, pour toutes les situations qui nous semblent, on
dirait, dans l’impasse. Il y en a tellement aujourd’hui ! Il y a tellement
de familles, il y a tellement de parents, il y a tellement de grands-parents,
il y a tellement de jeunes aussi. Et vous savez il y a même maintenant des
enfants qui vivent intérieurement des épreuves qui les dépassent complètement !
Et c’est pourquoi on voit des choses terribles, des choses extrêmement lourdes
et difficiles dans le cœur des enfants, des jeunes et bien sûr des adultes, des
parents, des grands-parents. C’est le jour où Jésus est seul capable de
réaliser ce qui, à nous, n’est plus possible. Nous ne pouvons plus rien. Devant
quelqu’un qui s’est révolté contre tout, contre la vie, contre la société,
contre Dieu, que peut-on faire ? On peut prier pour lui et cette prière
nous fait entrer dans l’espérance de l’Eglise, l’espérance de la Sainte Vierge.
Là où le mal semble l’emporter, donnez-lui aussi un visage plus collectif, là
où il y a des populations qui sont dramatiquement éprouvées, là où il y a des
gens qui ont faim, comme au Darfour, là où il y a des populations qui sont
déplacées, qu’on a déracinées, qu’on a éradiquées parce que c’est ce que l’on
voulait, les chasser d’un territoire qui pourtant fait partie, à travers les
pieds, de ce qu’il y a de plus profond dans leur cœur et dans leur esprit, la
terre. La terre, c’est tellement important, la terre, le lieu où l’on marche,
car c’est en marchant sur la terre, et aussi en ouvrant les yeux et les
oreilles, que bien des choses pénètrent en nous. Prenez par exemple quelqu’un
qui est dans le coma depuis longtemps, la médecine ne peut plus rien, on ne
peut pas le sortir de ce coma, on ne peut pas le guérir de ce dont il a besoin
d’être guéri. Jésus le peut. Jésus peut rejoindre cette personne. Là où nous ne
pouvons pas aller, nous ne pouvons pas aller dans les enfers, eh bien Jésus va
descendre dans les enfers, car les enfers ce n’est pas un lieu, les enfers
c’est cette situation où l’on ne peut plus rien, on est coupé, on est isolé, on
est effondré, on est complètement replié sur soi dans ces situations-là. Jésus
peut rejoindre parce qu’il est le Sauveur, parce qu’il est l’unique Sauveur,
l’unique et parfait médiateur. Et c’est pourquoi, pour nous élever au plus
haut, comme on le chante dans le Gloria, au plus haut des Cieux, Il a voulu
descendre au plus bas et je suis en train de me rappeler Saint Paul : pour
nous élever au plus haut des Cieux, il a commencé par descendre au plus bas. Ce
n’est pas dans la grotte de Bethléem, ce n’est pas dans sa maison sans doute
encore un peu en forme de grotte à Nazareth. Au plus bas, mais c’est dans la
mort ! C’est dans ces situations mortifères, dans ces situations sans
issue, dans ces situations fichues comme foutues. Comme quand quelqu’un
a le sentiment que sa vie est complètement perdue, fichue, gâchée, eh bien là,
il n’y en a plus qu’un qui peut le rejoindre, c’est Jésus. Voilà pourquoi le
Samedi Saint est un jour unique, unique, un jour d’espérance !
Et puis je n’oublie
pas les prières de Marthe le matin de Pâques, un matin de Pâques qui se
prolonge comme la liturgie – la liturgie, la belle, la véritable école de
prière ! Alors la grâce du matin de Pâques s’étire, j’allais dire se
développe, se développe un petit peu comme une voix. Dans l’Ancien Testament,
on parle beaucoup de la Voix, de la Voix de Dieu. Alors comme une voix qui grandit
et qui s’étire jusqu’au matin de l’Ascension, jusqu’au Père et puis tous deux,
le Père avec le Fils, le Fils ayant pleinement accompli sa mission, tous deux
vont nous envoyer l’Esprit Saint au terme d’une retraite de dix jours. Cette
retraite, c’est la retraite des apôtres depuis le soir de l’Ascension, jusqu’au
matin de Pentecôte. Et c’est quelque chose que j’ai commencé à Chateauneuf
parce que ça me semble être, par définition, la retraite des apôtres. Or les
apôtres, ce ne sont pas que les prêtres et les évêques, les apôtres, c’est vous
tous, c’est votre mission de baptisés ! Depuis que vous êtes baptisés,
vous avez la grâce et la mission, les deux. N’oubliez pas la grâce, mais
n’oubliez pas non plus la mission d’être des apôtres, et d’abord là où vous êtes,
là où vous vivez, dans votre milieu de travail, dans votre immeuble, dans votre
cité, dans votre paroisse, dans votre église locale, vous avez la mission
d’être apôtre. Voilà pourquoi le matin de Pentecôte – la venue de cette
nouvelle Pentecôte dont des souverains pontifes ont parlé et que Marthe a aussi
beaucoup demandé – vous allez le retrouver dans ses prières. Eh bien, c’est
tout cela l’œuvre de Jésus, l’œuvre du Sauveur, du Rédempteur, qui va du Jeudi
Saint au soir, au matin de Pentecôte. Et je crois que c’est cela que Jésus
appelle son heure, son Heure ! Cela s’étend jusqu’à Pentecôte, je crois
que c’est certainement du soir du Jeudi Saint, au matin de la Résurrection. Là,
toutes ces heures, toutes ces heures forment un rond : c’est rond, c’est
plein, c’est insécable. Il ne faut pas couper cela en tranche. Si vous coupez
cela en tranche, ça ne va plus. Il ne faut pas couper, il faut tout
vivre : et le Jeudi Saint et le Vendredi Saint : le sommet de l’amour
et le Samedi Saint, je dirais où toute l’espérance est concentrée dans le cœur
de la Sainte Vierge et puis cette explosion de vie, de puissance, de seigneurie
– voilà un mot qu’emploient beaucoup les apôtres, les Actes des apôtres, on l’a
un petit peu oublié ce mot – la seigneurie de Jésus, c’est-à-dire sa
victoire : sa victoire sur le péché et la mort ! Eh bien c’est tout
cela que Jésus appelle son Heure ! N’oubliez pas que quand il est à Cana,
quand il voit des fiancés, des époux, et qu’il est si heureux d’y être – sa
Mère l’y a précédé – quand Jésus voit les jeunes époux, Jésus est tout présent,
tout attentionné pour eux, il va les sortir de cette humiliation de ne plus
avoir de quoi réjouir tous ceux qui sont venus. Mais Jésus le dit à sa
Mère : « O femme, qu’est-ce que tout cela entre toi et moi,
qu’est-ce que ça veut dire ? Mais ce que l’on est en train de vivre n’est
qu’une petite annonce, un petit aperçu, un petit début de ce que nous aurons à
vivre en plénitude lorsque l’heure sera venue ». C’est pourquoi Jésus lui
dit : « O femme, mon heure n’est pas encore venue » et Jésus est
impatient qu’elle arrive, parce que c’est le jour où il va enfin pouvoir se
livrer dans l’amour, réconcilier les hommes avec Dieu, leur Père, rejoindre les
enfers pour que le Salut puisse être offert, proposé à tous et éclaté dans sa
seigneurie du Christ ressuscité le matin de Pâques.
Je voulais d’abord
bien situer cet ensemble qui est le noyau, le noyau le plus dur, au sens le
plus fort, le meilleur de notre foi chrétienne et cette foi, nous avons
l’occasion avec la liturgie de la vivre en particulier la Semaine Sainte, mais
aussi chaque semaine. Rappelez-vous, ce n’est pas une invention du dernier
Concile de nous dire que le dimanche, c’est le jour de la résurrection du
Seigneur, chaque dimanche même à 11h du matin – ici vous dites la messe à 11h15
– eh bien même à 11h15 du matin, c’est la grâce du dimanche de Pâques, du
dimanche de la Résurrection !
Alors pourquoi ai-je
choisi quelques prières de Marthe spécialement le vendredi ? Parce que
nous avons des documents sûrs. C’est important d’avoir des documents sûrs. Et
cela passe par des personnes. Qui étaient ces personnes ? C’est d’abord
son curé, curé de Chateauneuf, qui s’appelle le père Faure. Ce prêtre, pendant
de longues années a été un peu hésitant, pas réticent, je ne crois pas, un peu
hésitant vis à vis de Marthe. Avec ce qu’elle vivait, j’allais dire qu’il était
bien compréhensible qu’il soit un peu prudent dans le bon sens du mot. Et puis
il y a eu un moment, il y a une grâce, il y a eu une mission paroissiale qui
s’est faite à Chateauneuf en décembre 1928. Une mission paroissiale, c’était
quelque chose qu’il faudrait redécouvrir pour redonner un nouvel élan, comme
une pentecôte à toute une paroisse. Alors un des fruits de cette mission
paroissiale, c’est que les pères, qui étaient venus, des Capucins, visitaient
tous les malades. C’est pourquoi Marthe a été visitée et Marthe s’est confessée
et elle a communié. Et c’est à partir de ce moment-là que sa relation avec son
curé a été profondément transformée. On peut vraiment dire : un avant et
un après. Avant, Marthe connaissait son curé, il était venu la voir comme tous
les malades, une ou deux fois, et puis il y avait une espèce de rumeur publique
qui le présentait comme quelqu’un d’exigeant, d’un peu austère… Et puis, elle
va découvrir que ce n’est pas cela, elle va découvrir qu’il a dans son cœur les
sentiments de Jésus, le bon Pasteur. Alors elle va enfin avoir avec son curé
une relation très filiale, au sens très grand du mot. Il y a une petite parole
de Marthe – vous savez, Marthe, elle est vraie, elle dit carrément les choses,
ce n’est pas pour être brutale, c’est pour être vraie – alors elle
dit : « On dit que monsieur le curé est bon, mais quand il vient
me voir, il doit laisser sa bonté à la porte ». Cela c’était avant la
mission paroissiale de 1928. Et après la mission, Marthe écrit à son curé. Pour
nous, ce document est précieux, Marthe n’a pas beaucoup écrit et vous savez
qu’ensuite elle sera vite paralysée, voilà pourquoi les quelques documents que
nous avons sont précieux pour tout le monde et surtout pour les historiens et
pour l’avenir. Nous avons la lettre où Marthe demande à son curé s’il accepte,
s’il veut bien qu’elle l’appelle ‘père’. Jusque-là on disait monsieur le curé,
s’il n’était pas monsieur le curé, on lui disait monsieur l’abbé, s’il avait
été remercié, on lui disait monsieur le chanoine et voilà, c’est tout. On ne
disait pas ‘père’ à un prêtre et elle va commencer avec le père Faure, avec
monsieur le curé Faure. Et puis cela va petit à petit s’étendre et puis cela va
continuer et rebondir avec l’abbé Georges Finet et au cours de la première
retraite ! C’est pourquoi tout se tient, au sens de tout est ordonné. Dieu
ne fait pas des choses dans le désordre, Dieu ne fait pas des choses comme des
slogans, vous voyez, un coup à gauche, un coup à droite. Dieu ne fait pas cela,
les choses se tiennent très profondément, c’est du dedans qu’elles sont
structurées. Alors au cours de la première retraite, en septembre 1936, le père
Faure avec l’abbé Georges Finet, Monsieur le Chanoine Finet, comme tout le
monde l’appelait à l’époque, montent à Marthe la Communion, au soir de la
retraite, et c’est là que Marthe demande que ce soit le père Finet, que ce soit
lui qui lui donne et le pardon, l’absolution des péchés et qu’il lui donne la
Communion. Et c’est à partir de ce jour-là, c’est lié à ces deux sacrement,
c’est à partir de ce jour-là qu’elle va l’appeler le ‘père’, le père Finet, mon
‘père’. « Not’ père » dira-t-elle. Un jour où elle l’attendait,
c’était le soir où il lui apportait la Communion, il devait faire mauvais –
quelquefois il y a du vent à la Plaine, et l’hiver… – et les membres du Foyer
étaient déjà là pour dire le chapelet avant la Communion, et Marthe l’entend à
travers son auto. Elle est contente parce que ce n’est pas seulement l’auto qui
arrive, ce n’est pas seulement le père Finet qui arrive, c’est Jésus !
C’est Jésus, avec Marthe, c’est toujours en référence suprême à Jésus ! Si
elle aime son père, ce n’est pas pour lui, c’est pour Jésus. Alors elle a ce
beau mot, bien prononcé à la manière très locale, en mouillant les deux
‘l’ : « Il est vaillant not’ père ! Il est vaillant not’
père ! » Elle l’estime, elle se réjouit qu’il vienne. Pourquoi ?
Il lui apporte Jésus !
Nous avons des notes
du père Faure avant donc l’arrivée du père Finet. Après cette mission
paroissiale, le père Faure a eu un tout autre regard sur Marthe et une très
grande estime que, petit à petit, il va partager tout doucement – oh, les
choses ne vont pas se faire rapidement, ni d’un coup – il va pouvoir partager
cela avec tel ou tel prêtre de la vallée, de la Galaure. Jusque-là, l’ensemble
des prêtres était aussi très prudent, pour ne pas dire réticent. Et puis voilà
que petit à petit ils vont découvrir, ils vont, je crois, beaucoup apprécier.
Alors j’aimerais
commencer par quelques petites notations du père Faure. Il a sur lui un petit
carnet comme tous les ecclésiastiques, un petit agenda, on dirait cela comme ça
maintenant, on a dû lui en faire cadeau, donc il y a des petites publicités,
bon. Alors il note, il note des petites choses en même temps qu’il note ses
commissions, en même temps qu’il note le titre d’un livre dont il a entendu
parler, en même temps qu’il note peut-être une intention de messe, sur son
petit carnet. Voyez, un prêtre note plein de choses, plein de choses… Y compris
de la peinture qui sera à acheter la prochaine fois qu’il ira à Saint-Vallier,
etc… Alors au milieu de ces petites notations sur ses petits carnets, avec son
crayon, il note le vendredi et le jour où il monte auprès de Marthe pour
recueillir, noter ce qu’il peut noter, noter sa prière. Et c’est pourquoi, ces
carnets du père Faure sont pour nous extrêmement précieux et plus ça ira, avec
l’histoire, avec aussi le développement de Marthe dans le monde entier, on
parle déjà d’elle, mais plus ça ira en augmentant, et plus on pourra parler
d’elle un jour, avec le seuil, l’étape indispensable de la béatification. Quand
je dis indispensable, ça veut dire que je ne ferai jamais rien pour anticiper,
pour faire comme si… Non, je ne ferai jamais rien pour faire comme si Marthe
était déjà Bienheureuse. Mais le jour où elle le sera, alors ces carnets vont
être extrêmement précieux, parce que le père Faure est quelqu’un de très
rigoureux, de très exact. Alors voilà pourquoi ses petites notes sont très
intéressantes. Je vous en lis quelques-unes. Alors bien sûr, ici à
L’Ile-Bouchard, tout est centré sur le 8 décembre, alors j’ai été voir ces
petites notes qui vont de novembre 1934 à juillet 1936 et j’ai été voir le
vendredi 8 décembre 1933 : « (Marthe) a d’abord parlé longuement de
la Sainte Trinité, mais (je) n’ai saisi que des mots par ci-par là : « Oh
mon Père, crucifiez-moi pour le Salut de tous. Prenez mon sang pour la gloire
de la Sainte Trinité et le Salut des âmes. Oh Père, prenez mes souffrances pour
la gloire de la Vierge Immaculée, pour… (il n’a pas eu le temps de noter). Bénissez
le souverain pontife, bénissez tous les évêques et particulièrement celui de
notre diocèse, bénissez tous les prêtres et surtout ceux du diocèse, bénissez
toutes les paroisses et en particulier les paroisses du diocèse. Faites germer
partout des Saints. Oui, mon Jésus, j’ai soif, j’ai soif des âmes !
Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. O Mère, ô Amour, donnez la
paix au monde. Sainte Bernadette, priez pour nous. Sainte Bernadette,
revenez-nous avec Marie Immaculée. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous
abandonnée ? Mon Père, je remets mon âme entre vos mains. Prenez-la pour
les sauver tous ! » 15 heures 05.
Huit jours après, le
15 décembre 1933 : « J’ai soif… J’ai soif du Salut des prêtres…
J’ai soif. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonnée ? Mon Père,
je remets mon âme entre vos mains ». 15 heures 10.
Je vais continuer
quelques-uns de ces extraits. Mais pour continuer, je voudrais vous donner
quelques remarques sommaires ; ce n’est pas un plan mais plutôt un guide
de lecture, si je puis dire, pour que vous puissiez plus goûter cette prière,
ces prières de Marthe le vendredi. Je vous donne le plan :
1)
Ces prières
s’adressent principalement, plus que les autres jours, au Père, à notre Père
Céleste.
2)
Ces prières de
Marthe notées par le père Faure nous font voir aussi la place, la mission de
Marthe, pourquoi en deux mots, elle revit chaque semaine la passion, la mort et
la résurrection de Jésus.
3)
Les grandes
intentions de Marthe chaque vendredi. Là on sous-titre, vous avez :
a)
Les
prêtres ;
b)
Marthe prie
pour les pécheurs ;
c)
Pour la
France ;
d)
L’unité des
Eglises ;
e)
Et beaucoup
d’autres intentions tout aussi importantes.
1) Alors je voudrais d’abord vous faire remarquer cette chose : j’avais entendu cela dans la bouche du père Finet, que j’avais accueilli puis en même temps je me disais, c’est un peu catégorique, et il disait : « Le vendredi, Marthe ne prie plus Jésus, elle prie le Père ! En fait on trouve des prières, vous en avez eu une tout à l’heure où elle s’adresse encore à Jésus. Mais en fait à travers Jésus, c’est le Père à qui elle s’adresse. Alors Marthe est toute unie à Jésus, le vendredi, non seulement de l’extérieur – il faut bien que j’en dise un petit mot et le plus rapide possible. Comment elle lui est unie de l’extérieur ? Parce qu’elle le voit, ainsi que les lieux, les lieux où Jésus vit et revit sa passion. Dans un lieu dont elle a parlé à plusieurs personnes, Marthe dit : « Jésus me fait la grâce de l’accompagner chaque semaine. Jésus me fait la grâce de l’accompagner chaque semaine dans tel ou tel lieu de la passion ». Marthe voit aussi la foule, les soldats… Cela je dirais - elle accompagne, elle est toute unie à Jésus de l’extérieur - c’est un côté descriptif, c’est intéressant, mais ce n’est pas le plus intéressant. Le plus intéressant dans ces prières du vendredi, c’est que Marthe sent Jésus, elle le sent de l’intérieur, comme si elle était dans son âme et c’est pourquoi Marthe a connaissance de la prière incessante de Jésus à son Père. Elle peut dire que Jésus n’a cessé de prier durant toute la passion. Et puis même chose, même qualité, elle est unie aussi à la Sainte Vierge, de l’intérieur elle lui est unie. Alors c’est cette union d’âme qui est extraordinaire, entre Jésus et Marie et puis, pour nous, entre Marthe et Jésus avec Marie. Cette union d’âme.
2) Deuxième
remarque : ces prières de Marthe notées par le père Faure nous font voir
la place, la mission de Marthe, le pourquoi en deux mots elle revit chaque
semaine cet ensemble, cette Heure : la passion, la mort et la résurrection
de Jésus. Je lui laisse la parole ou plus exactement, ce sont les notations
très exactes, très précises du père Faure. Dans la passion du 15 février 1935,
le père Faure note : « Laissez-moi être sauveur avec Vous,
laissez-moi Vous aimer pour tous ceux qui ne vous aiment pas ». 26
avril 1935, c’est toujours chez le père Faure et cette dernière parole de Marthe
avant de vivre la mort de Jésus, on la retrouve très, très souvent, dans les
notes du père Faure : « Mon Père, je remets mon âme entre vos
mains. Que je meure pour qu’ils aient la vie ». Qui c’est ce
‘ils’ ? C’est ceux dont elle a parlé, pour qui elle a prié juste avant. On
pourrait un peu préciser. Je répète encore ses mots, parce que cela me semble
très important pour comprendre la mort de Jésus : « Mon Père, je
remets mon âme entre vos mains. Que je meure pour qu’ils aient la vie ».
D’autres fois, par exemple le 15 mai 1935 : « Que je meure, pourvu
qu’ils soient sauvés ». Une autre fois : « Mon
Père, je remets mon âme entre vos mains ». Et elle ajoute à la parole,
à la prière de Jésus que vous avez reconnue évidemment, elle ajoute : « Mon
Père je viens à vous ». Ou bien encore celle-ci, 19 juillet
1935 : « Mon Père, je remets mon âme entre vos mains. Que je meure
pour que d’innombrables cœurs se donnent à Vous sans retour ». Encore
une : « Que je meure pour la résurrection de toutes les âmes en
Vous ». Cela, c’est intéressant, c’est la première fois que le père
Finet prend des notes de la prière de Marthe, c’est la passion du 7 avril 1939,
jusque-là, c’était le père Faure, même si le père Finet est à Chateauneuf
depuis 1936. Encore une : « Mon Père, je remets mon âme entre vos
mains. Que je meure pour toujours Vous dire merci. O Père, mon Père, pour tous,
je remets mon âme entre vos mains ». Et là, c’était le Vendredi Saint
23 avril 1943. « Mon Père, ce que je veux, c’est que Vous montriez à
tous votre Miséricorde. Ce que je veux, c’est le triomphe de l’Eglise, la
sanctification des prêtres, le retour des pécheurs, le Salut du genre humain.
C’est le vôtre, Seigneur, ce désir ! » 1er avril 1937.
Vous voyez, ce serait magnifique de méditer tout cela, pour voir comment Jésus
meurt de manière filiale. Il y a tellement de gens aujourd’hui qui ont peur de
mourir ! Nous ne savons pas quand, nous ne savons pas comment, mais nous
savons que si nous sommes chrétiens, nous mourrons comme Jésus : un enfant
qui pose sa tête dans les mains de son Père. « Mon Père, je remets mon
âme entre vos mains », en ajoutant ce que je viens de vous lire, « pour
qu’ils aient la vie, pourvu qu’ils soient sauvés. Je viens à Vous, qu’ils se
donnent à Vous sans retour, pour Vous dire merci ». Cela donne toute
la dimension du Salut, et de la mort de Jésus, et à travers elle de la
Rédemption.
3) Troisième
remarque : les grandes intentions de Marthe chaque vendredi. D’abord, les
prêtres. Je crois que c’est par là qu’il faut commencer. Je n’ai pas fait de
calcul, mais c’est bien d’abord par les prêtres, ce sont eux qui reviennent le
plus souvent. Souvent le père Faure a noté : « Je ne comprends qu’un
mot : les prêtres ». Voilà, il n’a noté qu’un mot de la prière de
Marthe ; il ne comprend qu’un mot : les prêtres. Nous sommes le
vendredi 16 novembre 1934 : « A parlé », sous-entendu Marthe,
« a parlé trois fois, mais n’ai pu saisir que le mot ‘prêtre’ ».
Encore le père Faure en décembre 1934 : « Faites que tous vos
prêtres soient dignes de Vous. Faites d’eux tous des saints et de parfaits
apôtres ». Et puis voici la première fois que le père Finet prend en
notes les prières de Marthe, le 24 juillet 1936 - donc il vient juste
d’arriver, il n’a pas encore prêché pour la première fois. Il est venu voir
Marthe en février, il va prêcher en septembre, mais là, comme il était
sous-directeur de l’enseignement libre à Lyon, je pense que déjà fin juillet,
il était un peu en vacances par rapport à toutes les écoles dont il était
sous-directeur. Donc il a pu prendre pour la première fois des notes. Ecoutez
ce que Marthe dit dans cette passion : « Pour eux, Seigneur,
oui, pour vos prêtres, je peux tout jusqu’au bout. Tous, je veux vous les
donner. Tous, je veux les garder en Vous ». Une autre prière de Marthe
pour les prêtres, le Vendredi Saint 26 avril 1937 : « O
Seigneur, à tous ces milliers de prêtres qui vivent dans le péché,
accordez-leur le pardon. Mon Dieu, délivrez-les du mal. O oui, mon Dieu, je
serai leur expiation, je serai leur encens. Seigneur, Vous qui avez tant aimé
vos prêtres, montrez-leur votre Amour. Mère chérie, vous qui au pied de la
croix, les avez tous reçus dans votre cœur, montrez-leur que vous êtes vraiment
leur Mère ». Une autre prière du 23 mars 1938 : « O ma
Mère » - donc vous voyez, le vendredi aussi, Marthe s’adresse à Jésus
et puis aussi à la Sainte Vierge, mais en priorité au Père. Cela ne supprime
pas cette remarque - « O ma Mère, révélez-vous au monde. Révélez-vous
aux âmes, révélez-vous surtout aux prêtres. Faites-vous connaître pour leur
faire connaître Jésus, pour leur faire connaître le Père ». Et puis
cette autre, un petit peu plus développée, du 2 juin 1939 : « Mon
Dieu, tous mes ardents désirs à l’égard de vos prêtres, je viens les placer en
Vous. Oui, Seigneur, je m’offre. Je me redonne à Vous pour toutes les âmes du
monde. Pour la sainteté de tous vos bien-aimés prêtres surtout, dont j’apporte
tous les péchés dans mon cœur. Que par moi, Seigneur, par ma prière, par mon
amour, par mes souffrances, par mon immolation, par l’action extérieure que je
peux avoir, que leur apostolat soit tous les jours plus efficace, plus fécond,
plus saint, plus divin. Que leur vie soit plus conforme à la Vôtre, plus divine
aussi. Que leur action sacerdotale atteigne indistinctement toutes les âmes et
s’étendent par toute la terre et jusqu’aux confins du monde. Qu’il aient faim
et soif de Vous ! Qu’ils aient faim et soif d’être à Vous, ô mon Dieu, de
Vous aimer et de Vous faire aimer toutes les âmes. Cette soif de Vous, cette
faim de Vous, ô mon Dieu, comme elle leur manque ! Et cependant, ils
savent tout de Vous. Ecoutez, Seigneur, l’appel ardent que je jette en Vous, en
faveur de vos prêtres ». Et puis une dernière, le 23 juin 1939 : « Seigneur,
élargissez le cœur de tous vos prêtres à la mesure de votre Cœur divin, pour
accueillir par eux, toutes les misères du monde, toutes les maladies des âmes,
pour les guérir ». Voilà, c’était la première constante de la prière
de Marthe le vendredi. Je vous rappelle que c’est comme cela pendant cinquante
ans.
Il me
faut abréger. Je m’en vais donc continuer mes exemples, mais je ne vous
donnerai qu’une prière. Marthe prie pour les pécheurs. Là, cela nous concerne
tous : « O venez, venez tous les pécheurs ! Venez à Celui qui
vous appelle, venez à ce Dieu qui vous aime ! Venez tous boire au Calice
glorieux de la Charité ! Tous ceux-là, Seigneur, ne sont-ils pas aussi vos
enfants ? »
Troisième
chapitre : pour la France. 1er septembre 1939 : « Seigneur,
bénissez la France dans ses misères, dans ses faiblesses, dans toutes ses
souffrances. Je vous apporte aussi toute notre armée, nos prêtres mobilisés.
Seigneur, tous ces pères de famille, ces époux, ces fils, tous les enfants de
France, pour qu’ils soient tous des enfants de l’Eglise. Mon Dieu, Vous qui
avez divisé le monde en nations, montrez votre Volonté en faisant respecter le
droit de chaque nation. Père bien-aimé, que le règne de votre Esprit d’amour
arrive bien vite ! Qu’Il embrase toute la terre d’un véritable incendie
d’amour ! Mon Dieu, envoyez votre Esprit. Qu’Il envahisse jusqu’aux
extrémités de la terre, qu’Il arrache de tous les cœurs les plus dures racines
de l’orgueil, qu’Il déverse sur tous les peuples des torrents de lumière, des
torrents de vie ! »
Quatrièmement :
l’unité des Eglises. C’était pendant la semaine de prière pour l’unité des
chrétiens, c’était le 19 janvier 1945 : « O Père, ô mon Dieu,
ayez pitié de la division des Français, ayez pitié de la division des peuples.
O Père, faites l’unité de tous dans votre Cœur divin. Faites l’unité de tous
dans votre Sainte Eglise. O mon Dieu, que votre Esprit d’amour unisse le monde
tout entier. Allumez le Feu de votre charité dans tous les cœurs, sur toute la
terre ».
Et enfin, cinquièmement, beaucoup d’autres intentions, je crois tout aussi importantes : la paroisse de Chateauneuf, Marthe prie pour le Saint Père, Marthe prie pour sa famille à elle, Marthe prie pour les Foyers, les écoles, les élèves, pour le père Finet et tous les pères de Foyers, enfin Marthe prie, si je puis dire, pour toutes les personnes et les intentions qui lui étaient confiées, intentions qui venaient déjà du monde entier…
Alors, pour finir, une suggestion : nous avons tous réappris, ici à L’Ile-Bouchard, à faire un beau, ample, et lent signe de croix. Alors j’aimerais aussi après ces prières, en particulier au Père du Ciel, renouveler notre façon de dire le Père, le ‘Notre Père’. Dites-le avec Jésus, de l’intérieur de l’âme de Jésus. Vous ne sentirez rien, vous ne verrez rien, mais dans la foi, nous avons été baptisés dans le Christ ! Dans le Christ, dans l’âme de Jésus, depuis le cœur et l’âme et les entrailles de Jésus, avec Lui, par Lui, en Lui, dites le Notre Père ! Vous verrez…