SANCTUAIRE
DE L’ILE-BOUCHARD, église paroissiale Saint-Gilles
Messe
de l’Immaculée Conception
Vendredi 8 décembre
2006
59e pèlerinage à Notre-Dame
de la Prière
Homélie
du Père Bernard PEYROUS
de la Maison de Chézelles
Frères
et sœurs, nous venons d’entendre la lecture des magnifiques textes de la
Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge. Et vous avez sans doute
remarqué que ces textes nous décrivent ce qu’on appelle le plan du Salut. Le
premier texte que nous avons entendu nous décrit le péché, le péché d’Adam,
le péché d’Eve, nos premiers parents, qui s’est transmis jusqu’à nous,
avec lequel nous naissons, et qui constitue pour chacun d’entre nous comme une
base fragile en fait. Quand nous commençons notre vie, nous ne la commençons
par sur un socle absolument établi et puis nous en rajoutons nous-même au fil
du temps, vous le savez très bien. Le second texte manifeste cet amour du cœur
de Dieu pour les hommes. Dieu ne se laisse pas vaincre par le mal, et le désir
de Dieu c’est que nous devenions véritablement ses fils. Le mal du monde, le
péché du monde, le péché que nous faisons nous-même n’arrêtent pas Dieu.
Il veut aller plus loin avec nous, nous racheter, et pas seulement nous racheter
dans les conditions même du péché, au même niveau en quelque sorte, mais il
veut faire de nous des fils, des enfants. Et pour que nous devenions les enfants
de Dieu, Jésus est venu sur la terre, pour que nous devenions des fils dans le
Fils, pour que nous acceptions qu’Il soit notre frère et qu’avec Lui, nous
montions vers le Père. Jésus est devenu homme et pour cela, il lui fallait une
Maman. C’est la raison pour laquelle l’ange a été envoyé pour demander à
cette jeune femme de Nazareth, Marie, si elle acceptait d’être la Mère du
Seigneur. Et vous avez entendu à l’instant ce magnifique texte de St Luc, le
texte de l’Annonciation dont nous ne nous lasserions jamais, qu’on entend
toujours avec le cœur en joie et chaque fois que nous lisons ce texte, nous
nous rappelons ce « oui » de Marie, ce « oui »
de Marie qui est le « oui » à la venue de Jésus, qui est le
« oui » au Salut du monde, qui est le « oui »
à notre propre Salut, et nous sommes les uns et les autres comme solidaires,
unis à ce « oui » de Marie.
Donc,
la petite jeune fille à qui apparaît l’ange est immaculée dans sa
conception et c’est cela que nous fêtons aujourd’hui. Je voudrais en dire
un tout petit mot et ensuite je voudrais vous dire un petit mot aussi du décret
qui, en 2001, a érigé cette église de L’Ile-Bouchard, comme lieu officiel
de pèlerinage du diocèse de Tours et enfin je voudrais dire aussi un petit mot
des thèmes du message de L’Ile-Bouchard. Qu’est-ce que cela signifie que
Marie soit Immaculée dans sa conception et pourquoi le fêtons-nous ?
L’histoire du monde, on le dit souvent, et ça vient de St Irénée, tourne
autour de deux femmes : Eve qui a dit « non » et Marie
qui a dit « oui ». Les deux sont en quelque sorte dans la même
position de départ. Eve n’avait pas fait le péché originel, donc elle
n’avait pas le péché originel et elle a dû se déterminer, ainsi qu’Adam,
devant Dieu, c’est-à-dire qu’il fallait qu’elle accepte d’être ce
qu’elle était, c’est-à-dire un être humain, de ne pas être la maîtresse
des lois du monde, il fallait qu’elle accepte d’être la servante de Dieu,
et c’est ce qu’elle et Adam ont refusé. Donc ils ont dit « non ».
Et nous dérivons, au moins partiellement, de ce « non ». La
Vierge Marie, au contraire, a dit « oui ». Elle a été mise
par sa conception immaculée dans la même condition qu’Eve, c’est-à-dire
qu’Elle n’avait pas le péché originel ; Elle était libre comme Eve
était libre ; Elle aurait pu dire « non » comme Eve a
dit « non » mais Marie a dit « oui ». Et
Marie à dit « oui » toute sa vie. Marie n’est qu’un
« oui ». Dès qu’Elle a été consciente, Elle a dit
« oui » à l’amour de Dieu, à l’amour de ses proches,
Elle a dit « oui » au bien, Elle a dit « oui »
à la confiance en Dieu, Elle a dit « oui » aux progrès
qu’on peut faire, et le « oui » de Marie que nous avons
entendu à l’instant, le « oui » qu’Elle dit à l’ange
pour notre Salut, est la succession d’un grand nombre de « oui »
qu’Elle a dit dans sa vie. Donc quand nous fêtons l’Immaculée Conception
de Marie, nous bénissons le Seigneur de nous avoir donné Marie, et en même
temps, nous bénissons Marie aussi, qui, fidèle à ce qu’Elle avait reçu, a
toujours dit « oui ». C’est très important pour nous parce
que Marie nous enseigne la confiance en Dieu, Elle nous enseigne à dire
« oui » et Elle nous enseigne cette persévérance dans le
bien. Le problème, c’est que nous autres, souvent, nous n’avons pas
confiance. Nous avons peur de Dieu, nous avons peur des autres, nous avons peur
de nous-même, ce qui fait que la vie humaine, souvent, est une vie qui est
assez angoissée, et la Vierge Marie nous apprend qu’en réalité cette
angoisse est inutile, que les peurs que nous avons en général n’ont pas de
fondement et que si nous nous mettons dans la bonne ligne qui est de dire
« oui » à Dieu, de faire confiance à Dieu et de faire
confiance à l’œuvre de Dieu dans les autres, quelles que soient les
difficultés, le soutien de Dieu nous est donné et nous pouvons avancer dans la
vie, nous pouvons traverser des obstacles qui ne manquent pas, même des
obstacles graves, mais nous tenons debout et nous menons une vie qui est belle,
qui est digne et qui est tournée vers le Seigneur. Donc le « oui »
de Marie nous donne de la vie humaine une vision qui est belle, j’utiliserais
le mot optimiste si ce mot n’était pas un peu galvaudé, mais je dirais que
le « oui » de Marie nous donne une vision positive de la vie.
Alors ça pose des questions, c’est-à-dire que nous qui sommes dans cette église,
nous sommes chrétiens, pour la plupart du moins. Nous ne somme pas là par
hasard, nous sommes là parce que notre cœur nous y a porté. Beaucoup
d’entre vous ont fait des efforts pour venir. Il y en a qui viennent de très
loin, il y en a qui se sont levés très tôt. Nous sommes donc là parce que
nous avons des raisons d’y être. Mais voyez, frères et sœurs, je pense
qu’il est très, très important de comprendre aussi que nous devons donner au
monde d’aujourd’hui des exemples de confiance, des exemples de courage, des
exemples de « oui ». Le monde d’aujourd’hui fonctionne
beaucoup sur le « oui » à moi-même et « non »
aux autres et « non » à Dieu. Eh bien, nous devons, nous chrétiens,
donner des exemple de confiance dans la vie, de confiance en Dieu, de confiance
dans l’œuvre de Dieu, de confiance dans l’œuvre de Dieu chez les autres
aussi, et ça, c’est Marie qui nous l’enseigne. Nous avons besoin de cela.
Et la grâce nous en est donnée si nous le voulons ! La grâce nous en est
donnée : on n’est pas seul face à notre « oui », la
main du Seigneur est posée sur notre épaule et le Seigneur nous conduit. Donc
ce serait bien que nous sortions de ce 8 décembre, ouverture de l’année du
60ème anniversaire des apparitions de 1947, si nous en sortions avec
un cœur davantage dans la fête, même si vous vous êtes levés tôt et que
vous êtes fatigués, ce serait bien si vous sortiez de cette église, si vous
sortiez de ces célébrations avec un cœur plus joyeux, en disant à Marie :
nous voulons avoir la même joie que toi, la même confiance que toi, le même
« oui » que toi, le même élan que toi, demande à l’Esprit
Saint de nous en donner la grâce.
Maintenant
je voudrais vous dire un petit mot du décret. Vous savez que le 8 décembre
2001, dans cette même église St-Gilles, à la fin de la célébration de l’Eucharistie,
Mgr André Vingt-Trois, Archevêque de Tours, maintenant à Paris, a lu le texte
suivant : Depuis 1947, de nombreux catholiques viennent en pèlerinage
à l’église paroissiale Saint-Gilles de L’Ile-Bouchard pour y vénérer la
Vierge Marie. On constate l’existence d’un pèlerinage nombreux. Ces
pèlerinages ont porté de nombreux fruits de grâce. C’est vrai, beaucoup
d’entre vous en sont les témoins, il suffit de regarder les ex-votos qui sont
sur les murs et pour beaucoup d’entre nous, il suffit d’interroger notre mémoire
et notre cœur. Sans jamais céder
à l’attrait du sensationnel,
l’Eglise catholique aime médiocrement le sensationnel, du moins il y a un
mauvais sensationnel, ils développent un esprit de prière et contribuent à
la croissance de la foi des participants. C’est une constatation. Après
avoir soigneusement étudié les faits et pris conseil des personnes compétentes,
c’est-à-dire de la Commission qui avait été nommée pour examiner les faits
de 1947, et qui a donné un avis favorable sur la réalité de ces faits, j’autorise
ces pèlerinages et le culte public célébré en l’église paroissiale
Saint-Gilles de L’Ile-Bouchard pour invoquer Notre-Dame de la Prière, sous la
responsabilité pastorale du curé légitime de cette paroisse. Fait à Tours,
le 8 décembre 2001 en la fête de l’Immaculée Conception.
Donc
depuis ce moment-là, l’église St-Gilles qui avait déjà été en l’an
2000 une des églises jubilaires du diocèse de Tours, est devenue un lieu
public de pèlerinage du diocèse de Tours, à l’égal de la basilique
St-Martin à Tours. Si vous voulez des éléments de comparaison, cela nous fait
penser à Montmartre à Paris, à Notre-Dame de la Garde qui domine Marseille ou
à Notre-Dame de Fourvière qui domine Lyon. Ce sont des lieux de culte public
à la Vierge Marie. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que l’Eglise,
par la bouche de l’Archevêque de Tours, reconnaît qu’il y a, à L’Ile-Bouchard,
une présence particulière de la Vierge Marie. Naturellement, Marie prie pour
tous ses enfants, mais l’expérience nous montre qu’il y a des lieux qui lui
appartiennent de façon particulière. On le sait bien de Lourdes, par exemple.
Quand on dit que Lourdes est la cité mariale, on veut dire, par là, que
c’est un lieu qui appartient à la Vierge, sur lequel Elle a posé son regard
et dans lequel des grâces particulières sont données. Eh bien, d’une autre
manière, à L’Ile-Bouchard, dans cette église, ce lieu est en quelque sorte
dédié particulièrement à Marie, et l’Eglise invite les gens à y venir,
ensemble, sous la responsabilité du Curé, de façon à célébrer Marie en
Eglise, tous ensemble. Naturellement, on peut y venir pour la prière privée,
les gens n’arrêtent pas d’entrer et de sortir de cette église tout au long
de la journée pour venir devant la grotte prier Marie, mais l’appel de l’Eglise,
c’est aussi que nous venions ensemble, en groupe, en famille, en paroisse, en
mouvement, en communauté, toutes les cellules d’Eglise, pour venir ici se
ressourcer devant Marie. Et ce décret, comme vous l’avez entendu, est fondé
d’abord, sur la réalité des grâces qui sont données ici, et d’autre part
aussi sur les faits de 1947, tels qu’ils ont été examinés par la Commission
et qui ont été reconnus parfaitement sérieux. Donc le témoignage des enfants
de 1947, le témoignage de Jacqueline qu’elle continue à donner, sont considérés
comme tout à fait valables et c’est pour ça que les pèlerinages du 8 décembre
se sont créés et que ce lieu, donc, est béni par l’Eglise et considéré
particulièrement par l’Eglise. C’est très important que nous nous le
rappelions, nous ne sommes pas dans un lieu ordinaire. D’autre part, si l’Eglise
favorise le pèlerinage à L’Ile-Bouchard, c’est que ce pèlerinage dit
quelque chose. La Vierge Marie, dans les différents lieux où Elle s’est
manifestée, a donné des messages, dont il suffit de regarder sur la longue durée,
et on s’aperçoit que ces messages ont une connotation, une précision, un
point d’insistance, qui n’est pas tout à fait le même selon les lieux et
selon les temps. Il y avait à Lourdes une rencontre, où le Directeur des pèlerinages
du diocèse, le Père Tartu, se trouvait, et il me disait tout à l’heure que
le Père Longère, qui est un sulpicien et le Président de la Société Française
d’Etudes Mariales, avait fait une intervention sur la manière dont la Vierge
Marie présentait la pénitence, la réconciliation avec son Fils dans les dernières
apparitions et il a terminé par L’Ile-Bouchard, parce qu’il pensait que le
message de réconciliation donné à L’Ile-Bouchard était particulièrement
opportun et important. Donc, c’est bien que nous réfléchissions ensemble, un
peu aujourd’hui, et tout au long de l’année qui commence, à ce que la
Vierge Marie nous dit ici.
Qu’est-ce
que Marie nous dit ? Le message est riche ! Nous y avons déjà réfléchi
- on le présente - nous allons organiser une journée de réflexion à laquelle
vous êtes tous conviés pour continuer à l’approfondir, mais on peut le résumer
sous quatre thèmes :
-
Le premier thème d’abord, c’est la prière. « Notre-Dame de la Prière,
apprenez-nous à prier ». Quand Mgr Fiot, Vicaire général de Tours,
qui s’occupait de suivre les événements de 1947 a été amené à chercher
un nom pour le Sanctuaire, il l’a appelé Notre-Dame de la Prière. En effet,
qu’est-ce qui s’est passé ici ? La Vierge Marie a demandé à des
petits enfants de prier et Elle a demandé que la foule vienne prier avec les
enfants et c’est bien ce qui s’est passé : tout L’Ile-Bouchard est
venu, puis les villages voisins, puis des gens de plus loin qui sont venus ici
prier la Vierge Marie - Notre-Dame de la Prière. Et donc le premier rappel de
Marie ici, c’est la confiance dans la prière. Et Marie demande qu’on vienne
nombreux : « amenez la foule ». Une enfant se retourne
vers Mme Trinson qui était derrière elle et lui dit : « la
Vierge Marie demande la foule, mais où la prendre ? » et la dame
répond : « nous la commençons ». C’est magnifique !
Quatre enfants et une vieille dame commencent la foule. Et vous voyez que la
foule a augmenté depuis… C’est important que nous venions, nombreux, prier
ici, parce que la Vierge Marie aime la prière de ses enfants et Elle veut que
beaucoup d’enfants la prient. Donc, venir prier ici, prier Marie, et la
confiance dans la prière. La prière est exaucée. Il faut se rappeler qu’en
1947, la France et l’Europe d’ailleurs étaient dans une situation désespérée.
Je pense que, rarement, dans l’histoire de l’Europe, on a été si près
d’une nouvelle conflagration qui aurait pu être plus dramatique encore que la
précédente. Eh bien, au dernier moment, la Vierge Marie est intervenue pour
nous sauver, à la prière des enfants et des braves gens qui sont venus ici.
Donc, l’importance de la prière, l’importance de notre prière,
l’importance de votre prière ! Vous n’êtes pas ici par hasard,
vous êtes là pour prier, pour intercéder, pour supplier Marie qui nous écoute.
Nous formons la foule et nous prions Marie - donc la confiance dans la prière.
-
Ensuite, la prière pour la nation, la prière pour la paix, la prière pour la
réconciliation nationale. La Vierge Marie a béni notre pays, la France, et en
le bénissant, comme Elle l’a fait souvent au cours du temps, Elle a en même
temps béni les autres pays. En effet, Elle a montré que les nations dans
lesquelles nous vivons ont une raison d’être, que la culture qu’elles
portent est importante - vous savez que le Pape Jean-Paul II a redit cela sans
arrêt : il n’est pas question qu’une nation soit supérieure aux
autres, nous avons largement passé ce cap-là, nous devons respecter les différentes
nations et les aimer comme nos sœurs - et nous sommes dans cette église,
plusieurs pays représentés, mais en même temps, nous devons respecter aussi
et aimer la nation qui est la nôtre et prier pour elle. Traduction : nous
avons drôlement besoin de prier pour la France ! A l’heure actuelle,
comme en 1947. Et vous faites partie de ceux qui, ayant été amenés ici par
l’Esprit Saint, reçoivent modestement cette mission et si nous prions Marie,
Elle nous écoutera. En même temps, nous prions pour la paix, nous prions pour
la paix civile, nous prions pour la paix entre les nations, et nous prions
surtout pour la réconciliation. C’est quand même très impressionnant de
penser qu’en 1947, le 8 décembre, au moment des apparitions, nous étions sur
le point de nous entretuer entre Français. La guerre civile aurait pu se déclarer
dans les heures qui suivaient. Eh bien, quelques jours après, nous avons accepté
de travailler ensemble et nous avons monté le pays, qui est le nôtre à
l’heure actuelle, qui est un pays de paix et de prospérité. Nous avons fait
cela avec des gens qui avaient des idées complètement opposées, nous
l’avons fait en râlant parce que cela fait partie de notre culture, mais nous
l’avons fait. Et la râlerie que nous développons si bien, comme une espèce
de fumée, a masqué, en réalité, l’ampleur du travail que nous avons fait.
Nous avons travaillé ensemble et nous avons réussi à monter un pays qui est
dans la paix et dans la prospérité. Cette réconciliation des esprits, même
si nous ne pensons pas la même chose, c’est aussi une grâce de Marie que
nous devons demander à la Vierge : la prier pour nos nations, prier pour
la France d’abord, prier pour la paix, prier pour la réconciliation des cœurs.
-
Ensuite, un autre aspect du message, c’est tout ce qui concerne les familles -
et les familles sont les sources des vocations - donc les vocations. Vous savez
aussi bien que moi, qu’à l’heure actuelle, la famille est attaquée. Vous
savez qu’à l’heure actuelle, pour beaucoup de gens, la notion même de
famille est incompréhensible. Vous savez aussi les conséquences que cela a sur
les jeunes et sur les enfants. Nous devons demander à Marie que des familles
chrétiennes se créent, que les familles chrétiennes se conservent, que les
enfants acceptent et que nous sachions leur transmettre la beauté de la
famille. Nous devons demander aussi à Marie une grâce de paix pour les
familles douloureuses, divisées, éclatées. Et en même temps, nous devons
supplier, continuer à supplier Marie, pour les vocations, puisque les vocations
naissent dans les familles. Nous ne pouvons pas lâcher par rapport à ça !
L’Eglise n’existe pas s’il n’y a pas l’Eucharistie. C’est l’Eucharistie
qui fait l’Eglise et ce sont les prêtres qui célèbrent l’Eucharistie !
C’est pour cela que nous devons demander à Marie que l’Eucharistie soit
toujours dans nos églises, que nos églises soient ouvertes et qu’on puisse
venir y prier, que les chrétiens se rassemblent pour l’Eucharistie, qu’on
puisse recevoir le sacrement de la Réconciliation et tout cela, ce sont les prêtres
qui le donnent. Donc par conséquent, nous avons le devoir de continuer à
appeler des vocations auprès du Seigneur et de demander aussi que les évêques
et les prêtres qui sont en charge sachent les accueillir et les former, et cela
aussi c’est la prière et ça dépend de vous ! Vous êtes chargés par
le Seigneur d’intercéder aussi pour cela.
-
Et puis, un autre point du message, c’est la prière pour les pécheurs. Vous
savez, le monde a toujours fait des péchés, et à l’heure actuelle, il bat
des records quelquefois. Nous ne pouvons pas non plus accepter cela. Ce n’est
pas parce que les gens se laissent aller au fil de l’eau en disant que le péché
devient normal, que nous devons accepter cela et y collaborer. Vous êtes
d’accord, je pense. Et par conséquent, là aussi, on ne peut pas changer les
gens. On n’est pas chargés de faire la morale à la planète ! Par
contre, nous pouvons prier, offrir, supplier… Cela, on peut le faire ! Et
dans un endroit comme L’Ile-Bouchard, qui est tout centré sur la prière, cet
appel retentit aussi dans nos cœurs.
Alors
maintenant, nous allons ouvrir - nous ouvrons aujourd’hui, en fait - cette année
du 60ème anniversaire des apparitions de 1947. Il va y avoir des pèlerinages,
il va y avoir des retraites qui vont être prêchées, il va y avoir ces journées
de réflexion et je pense que c’est bien que retentisse dans vos cœurs une
nouvelle fois cet appel de Marie qui demande que la foule vienne. Donc je pense
que vous reviendrez dans le courant de l’année, je pense aussi qu’il serait
bien si, en cette année de grâces qui va nous être donnée, vous ameniez vos
amis, vous ameniez vos familles, vous ameniez vos paroisses. Que vous soyez
nombreux, que nous soyons nombreux ! Que vous ameniez vos communautés, vos
communautés religieuses ! Que nous soyons nombreux à venir ici prier la
Vierge Marie de continuer à nous accorder les grâces qu’Elle nous a déjà
données et de renouveler les grâces qu’Elle a données avec tant
d’abondance en 1947 et depuis. Plus que jamais, nous en avons besoin !
Plus que jamais, ce lieu est important ! Plus que jamais, il est important
que notre prière monte vers Marie et que nous associions à cette prière
beaucoup de personnes que nous connaissons, et cela c’est votre devoir, comme
c’est le mien. Donc soyons attentifs à cela.
Les
événements de L’Ile-Bouchard sont des événements qui sont très beaux
parce qu’on a vu tout de suite le Salut qui a été donné par la prière. Il
y a donc une grâce de joie à L’Ile-Bouchard. Cette grâce de joie est liée
à la joie de l’Annonciation, le Salut est arrivé ; elle est liée aussi
au bonheur de la Vierge Marie, le visage de Marie qui s’illuminait au fur et
à mesure que les jours passaient ; Marie qui était de plus en plus
joyeuse, Marie qui a fait goûter aux enfants le bonheur du Ciel, vous vous
rendez compte ? Non, on ne peut pas se rendre compte justement ! Donc,
il y a dans ces événements de 1947, bien sûr toujours une part de douleur -
la manière dont Marie faisait le signe de la Croix montrait son union avec la
Croix - mais il y a aussi une part de joie. En même temps, cette part de joie
est fondée sur le « oui » de Marie et puis de façon ultime
sur le fait que Dieu est Dieu et donc que rien n’est impossible à Dieu !
C’est ce que l’ange Gabriel dit à Marie, dans le texte de l’Annonciation
que nous avons entendu, rien n’est impossible à Dieu. C’est important que
nous croyions cela ! C’est important que nous croyions les uns et les
autres que rien n’est impossible à Dieu ! Le monde ne va pas toujours très
bien, mais rien n’est impossible à Dieu ! L’Eglise peut être
affaiblie, mais rien n’est impossible à Dieu ! La société peut être
malade, mais rien n’est impossible à Dieu ! Qu’est-ce que Dieu attend
pour avancer dans le cœur des hommes ? Notre prière ! Notre prière !
Notre offrande ! Notre sacrifice ! Notre amour ! Alors chacun
d’entre nous sommes exactement dans la situation des enfants de 1947. Vous
vous êtes peut-être dit quelquefois : « mon Dieu, comme
j’aurais voulu être l’un des ces quatre enfants qui ont vu la Vierge Marie ! »
Vous l’avez pensé, je suppose. Au moins les femmes, puisqu’il n’y avait
pas de garçons, malheureusement ! Eh bien, je vais vous dire une bonne
nouvelle : nous sommes dans la même situation ! Peut-être que nous ne
voyons pas Marie, mais Marie nous voit. Peut-être qu’on ne la sent
pas, mais Elle nous voit, Elle nous sourit en cet instant, comme Elle a
souri à la foule en 1947 et nous avons tous la même mission que les enfants,
tous la même mission : « priez, priez ». Et puis
« faites venir la foule ». Cette mission-là en ce jour du 8
décembre, recevons-là et commençons aujourd’hui ensemble une année avec
Marie, qui sera une année belle et qui sera une année bénie par le Seigneur !
Amen.