SANCTUAIRE
DE L’ILE-BOUCHARD, église paroissiale Saint-Gilles
Messe
de l’Immaculée Conception
Jeudi 8 décembre
2005
58e pèlerinage à Notre-Dame
de la Prière
Présidence
et homélie de Mgr Bernard-Nicolas AUBERTIN
Archevêque de Tours
L’Eglise
nous propose, en ce jour où nous fêtons la toute Immaculée, un passage de la
magnifique lettre aux chrétiens d’Ephèse. Cette lettre veut nous aider à
prendre conscience de la force et de la beauté de toute l’histoire du Salut.
Cette lettre commence par une magnifique action de grâce qui s’adresse au Père,
pour l’oeuvre accomplie par son Fils en faveur des croyants. Ce que nous
recevons de cette épître en ce jour s’applique d’une manière toute
particulière à Marie, choisie dès avant la création pour être sainte et irréprochable
sous le regard de Dieu (Ep 1,3-6.11-12).
« Béni
soit Dieu le Père de Notre Seigneur Jésus Christ. Dans les cieux, il nous a
comblés de sa bénédiction spirituelle (c'est-à-dire dans l’Esprit) en Jésus
Christ »
Paul
célèbre le déploiement du salut qui suit un schéma rigoureusement trinitaire :
tout vient du Père qui est «dans les cieux », par Jésus-Christ son
Fils, dans l’Esprit saint. Mais tout fait aussi retour au Père « à la
louange de sa gloire ».
« Il nous a choisis avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l’amour, saints et irréprochables sous son regard.
Il nous a d’avance destinés à devenir pour lui des fils…
Voilà ce qu’il a voulu dans sa bienveillance… à la louange de sa gloire, (de cette grâce dont il nous as comblés) ».
On
ne saurait exprimer avec plus de netteté que le salut vient exclusivement de
l’initiative du Père, de son amour. Mais également le rôle du Christ se
trouve fortement mis en relief : il est associé au Père dans la décision :
c’est en Lui et par Lui que le Père réalise tout ce qu’il a décidé.
La
première étape de la réalisation du dessein de Dieu a été l’élection
d’Israël, ce Peuple que Dieu se choisit… et voici qu’en Jésus, mort et
ressuscité pour la rédemption de l’humanité tout entière, l’Eglise se
situe au cœur même de cette alliance. Elle devient à son tour signe de
l’alliance nouvelle et éternelle…
Tout
ce qui est dit dans ce texte majeur vaut éminemment pour la Vierge Marie. Si
chacun de nous a été choisi avant la création du monde, à
combien plus forte raison celle qui allait devenir la Mère du Sauveur que de
toute éternité, Dieu avait projeté d’envoyer comme Sauveur du monde. En ce
sens, elle est la première des créatures que Dieu a choisie. En son Fils Jésus,
elle a été comblée de la plénitude de la bénédiction de l’Esprit :
Vierge incomparable, miroir de la sainteté de Dieu, demeure de l’Esprit
saint, arche de la nouvelle alliance, reine des patriarches, des prophètes, des
apôtres et de tous les saints… c’est ce que nous chantons dans les
litanies de la Vierge. Elle est le modèle de tous ceux que, dans son amour,
Dieu a choisis pour être saints et irréprochables sous son regard,
ceux qui ont mis leur espérance dans le Christ à la louange de la gloire
du Père.
Cette vocation, si belle soit elle, a cependant besoin de notre acquiescement, Dieu ne s’adresse pas à un peuple d’esclaves mais il veut solliciter la réponse d’un cœur libre, disponible et aimant. La lecture de l’Evangile de l’Annonciation vient nous redire le Oui de Marie. Au « Oui » du Fils de Dieu qui prévient la volonté de son Père : voici que je viens, pour faire ta volonté, voici que tu m’as fait un corps, voici que tu m’as fait une oreille pour faire ta volonté… correspond le Oui de Marie, le Oui de l’humanité à l’action de Dieu… Notre vie se trouve à la conjonction de ces deux Oui… puissions nous, à la suite de Jésus, à la suite de Marie dire notre Oui de chaque jour, en nous aussi le Seigneur veut faire des merveilles…