Pèlerinage Mission Thérésienne à L’Ile-Bouchard
dimanche 14 octobre 2007
Homélie du Père Bruno THEVENIN


Pourquoi l’Ile-Bouchard ?

A l’occasion du soixantième anniversaire des apparitions (1947-2007), nous avons voulu organiser un pèlerinage « Mission Thérésienne », pour notre rassemblement annuel. Je remercie le Père Afonso et les prêtres de l’Ile-Bouchard qui nous permettent de nous joindre à la messe paroissiale.

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Puisque la Vierge Marie a dit : « Je donnerai du bonheur dans les familles » (jeudi 11 décembre, 13 heures), il convenait que nous venions en famille à l’Ile-Bouchard. Il faut insister sur ce point : si tous sont invités à venir prier là où la Vierge est apparue, il est recommandé d’y venir en famille. Dans un monde bien difficile, où, sans que nous nous en doutions, la France est peut-être en danger autant qu’en 1947, les familles ont besoin d’encouragements et de bonheur. Cette promesse de bonheur justifie que nous fassions ce pèlerinage pour répondre à la promesse de la Vierge. Peut-être se trouvera-t-il quelqu’un pour vous faire cette objection :

« Vous êtes déjà allés à l’Ile-Bouchard, je ne vois pas pourquoi vous voulez y retourner ».

A celui-là, nous devons répondre : la Vierge Marie a dit quatre jours de suite aux enfants : « Revenez ce soir » (lundi 8 décembre) – « Revenez à deux heures et à cinq heures » (mardi 9 décembre) – « Revenez me voir demain à la même heure » (mercredi 10 décembre) – « Revenez me voir tous les jours à une heure » (jeudi 11 décembre).

Marie a dit aux enfants de revenir la voir pour prier avec elle. Ne ferions-nous pas comme les petites voyantes, puisque la Vierge le leur a demandé ?

 Il n’est pas possible en une seule homélie, d’expliquer l’ensemble des paroles de Notre-Dame de la Prière. Alors, réservant le reste pour l’avenir, j’ai fait le choix de n’aborder aujourd’hui, que trois points :

. la délicatesse maternelle de la Vierge Marie ;

. la place des enfants comme collaborateurs de la sainte Vierge dans le dispositif du salut voulu par Dieu ;

. la prière pour le clergé et spécialement le clergé diocésain.

 

  1. La délicatesse maternelle de la Vierge Marie.

 
Dans toutes les apparitions de la Vierge, il y a des secrets. Ils appartiennent à la Providence et aux voyants. Il ne doit y avoir de notre part aucune curiosité. Les messages du ciel et les gestes de la Vierge seront pour nous des leçons qu’il faut retenir, comme des élèves qui apprennent le soir ce qu’ils réciteront le lendemain. Les faits et gestes de la sainte Vierge doivent modeler nos comportements.

Les voyantes avaient 12, 10, 8 ans et demi et 7 ans. Les deux dernières, Laura et Jeannette étaient encore petites. Quand Sœur Marie de l’Enfant Jésus leur demande : « Vous n’avez pas eu peur ? » - « Un peu au commencement, mais pas après. Elle était si belle ! »

La Vierge Marie va ingénieusement réduire la crainte des enfants en étant très délicate et très maternelle. A la demande de Laura et de Jeannette, elle répond : « « Oui, je suis votre Maman du Ciel ».

C’est une maman affectueuse, elle dit aux enfants : « Donnez-moi votre main à embrasser ». Ce geste est tendre. Il laisse aux enfants une trace qui dure assez longtemps pour qu’ils ne croient pas à une hallucination. Mais, c’est un petit cadeau pour eux seuls, car, au moment de rentrer en classe, le petit ovale blanc sur le bout de leurs doigts a disparu.

Délicatesse maternelle qui a un sens très profond : la Vierge Marie, en embrassant les doigts des enfants est venue les anoblir. Les doigts qui traceront sur le front, le cœur et les épaules, le signe de la Croix, comme elle va le leur apprendre par la suite, sont sanctifiés par les lèvres de Marie. Notre Maman du Ciel qui est venue à l’Ile-Bouchard pour sanctifier la France et les pécheurs, a commencé par les petites voyantes.

Le lendemain, la Vierge demande aux enfants de baiser la Croix de son Chapelet. Là encore, ce geste est une initiation. Il va faire aimer aux quatre fillettes, la croix d’or que la Vierge leur présente dans la paume de sa main. A ce moment, l’amour de la Croix de Jésus leur est entré dans le cœur ; il va grandir plus profondément quand la Vierge va leur apprendre à faire le signe de la Croix. Notre-Dame est leur éducatrice ; à son exemple, les enfants reproduisent toutes les quatre le même signe ; en l’imitant scrupuleusement.

C’est la Croix de Jésus que la Vierge Marie veut faire aimer d’abord. Nous sommes le mardi matin. Le jeudi, les fillettes se signeront très lentement à la fin de l’apparition.

Après avoir fait embrasser sa Croix, le mercredi la Vierge demande aux enfants d’embrasser sa main. Affection maternelle entre les enfants et la Vierge. Elle leur a appris comment porter un baiser céleste, le premier jour ; à eux aujourd’hui, de donner à leur « Maman du Ciel » un geste d’affection. : « Baisez ma main », dit la Dame. Le vendredi 12, comme le mercredi, la Vierge leur fait la même demande : « Baisez ma main ». L’affection des enfants envers leur maman du ciel s’approfondit.

Nous chrétiens, nous devons reproduire ces gestes en pensée, pour dire à notre Maman du Ciel, notre reconnaissance de nous avoir donné Jésus, d’avoir tant souffert pour notre salut et de sa sollicitude maternelle constante. Nous avons tout à espérer d’une mère si bonne et si douce.

 

  1. La place des enfants comme collaborateurs de la sainte Vierge dans le dispositif du Salut voulu par Dieu.

 
« Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ceux qui sont forts » (1 Cor 1, 27), nous dit saint Paul.

Les apparitions de la Vierge Marie aux enfants répondent à ce principe spirituel. Les enfants qui ne peuvent pas grand-chose par eux-mêmes, ont, plus que les adultes, une vive conscience que tout dépend de Dieu. Ils n’ont pas de mal à adhérer à la parole de Jésus : «  Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5).

Voilà pourquoi, une fois encore, à l’Ile-Bouchard, la Vierge Marie s’adresse à des enfants qui ont chacun leur pauvreté.

Dès le deuxième jour, Notre-Dame demande que les enfants et la foule viennent pour prier : « Allez dire à Monsieur le Curé de venir à deux heures, d’amener les enfants et la foule pour prier » (Mardi 9 décembre, 13 h).

La Vierge désire que les enfants viennent la prier à l’Ile-Bouchard. Marie attend des aînés qu’ils approchent d’elle les plus petits. Les apparitions de l’Ile-Bouchard doivent nous inspirer de mettre en place une pastorale des adolescents en faveur des tout-petits.

Quatre fois, l’aînée, Jacqueline, - qui a douze ans un peu passés, - porte Laura et Jeannette pour qu’elles puissent embrasser la Croix du chapelet de la Vierge et ses mains, et mieux, pour que Marie puisse embrasser la main des petites. L’aînée est médiatrice entre la Vierge et les plus petites.

L’amour aime la multiplication des médiations. Marie a voulu avoir besoin de Jacqueline pour donner de l’affection et des témoignages grâce à Laura et Jeannette.

C’est pourquoi, à la fin de la messe de notre pèlerinage, nous ferons venir les grandes sœurs qui porteront leurs petits frères et sœurs tout près de la statue de la Vierge afin qu’elles imitent la belle vocation de Jacqueline qui est d’approcher les plus petits de Marie.

  

  1. La prière pour le clergé, spécialement le clergé diocésain.

 

La Vierge Marie donne aux enfants deux intentions à parts égales : prier pour la France et prier pour les pécheurs.

Quatre fois, la Vierge demande aux enfants de prier pour la France, les 8, 9, 10 et 12 décembre. Elle est venue à l’Ile-Bouchard pour cela :

« Je ne suis pas venue ici pour faire des miracles mais pour vous dire de prier pour la France » (mercredi 10 décembre à 13 heures).

Mais, d’autre part, elle insiste auprès des enfants afin qu’ils prient pour les pécheurs : « Priez-vous pour les pécheurs ? » (jeudi 11 à 13 heures, vendredi 12 à 13 h, dimanche 14 à 13 h 15). A la réponse des enfants : « Oui, Madame », la Vierge insiste en disant : « Bien, surtout priez beaucoup pour les pécheurs ».

Voilà les deux missions que la Vierge donne aux enfants. Venir à l’Ile-Bouchard, c’est répondre aux désirs de la Vierge, c’est prier avec nos enfants pour la France et pour les pécheurs.

Il y a une troisième intention : c’est la prière pour le clergé. Jacqueline et Nicole lisent ensemble une demande de leur curé à l’intention de l’Archevêque et des vocations. Voici la demande des enfants à la sainte Vierge :

« Madame, nous vous demandons de bénir Monseigneur l’Archevêque, ses 25 années d’épiscopat, Monseigneur l’évêque de Blois, les deux paroisses, les écoles libres, la Mission du Carême, les prêtres du Doyenné et de donner des prêtres à la Touraine ».

On reconnaît la demande d’un pasteur d’âmes. Il veut obtenir de la sainte Vierge par les enfants qu’elle a choisis elle-même, des grâces spéciales pour les âmes et les institutions dont il a la charge. On voit aussi sa préoccupation à l’égard des évêques, des prêtres et des vocations.

A la prière des enfants, la Vierge a souri et a incliné la tête en signe d’acquiescement.

 

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Mission Thérésienne est un mouvement où les familles demandent aux enfants de prier la sainte Vierge pour les prêtres et les vocations. Si notre inspiratrice est sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, nous imiterons ici le chanoine Segelle, curé de l’Ile-Bouchard pendant les apparitions. Nous confierons donc aux enfants trois intentions :

. Prier pour la France,

. Prier pour les pécheurs,

. Prier pour le Clergé, en commençant par le Souverain Pontife, notre Pape Benoît XVI, les évêques, les prêtres, les séminaristes. Nous prierons pour les enfants que Dieu appelle déjà, malgré leur jeune âge, afin que, par leur prière, leurs sacrifices, ils deviennent tous, les saints dont l’Eglise a tant besoin.

Notre-Dame de la Prière, apprenez-nous à prier.