19ème
Pèlerinage des Familles - Dimanche 18 Mai 2003
de Chézelles à L’Ile-Bouchard
Messe dans le parc de la Maison
d’Accueil de CHEZELLES
Présidée
par Monseigneur Maurice de GERMINY, évêque de Blois.
(5e dimanche de Pâques ;
Actes 9,26-31 – Ps 21(22) (fin) – 1Jn 3,18-24 – Jn 15,1-8)
Accueil
du Père Pierre Afonso,
curé de L’Ile-Bouchard :
Nous sommes très heureux de nous retrouver pour ce 19ème pèlerinage
des familles auprès de Notre-Dame de la Prière, présidé par Monseigneur de
Germiny. Cher Monseigneur, c’est une grande joie pour nous de vous accueillir,
l’Evêque de Blois aussi que, à l’époque, la Sainte Vierge avait nommé
dans le dernier jour, le dimanche de cette grande rencontre à L’Ile-Bouchard.
Alors vraiment que ce soit une bénédiction pour vous aussi de venir présider
ce pèlerinage, une grâce de Marie, et pour nous tous de nous laisser conduire
dans la prière par vous, enseigner par vous, en communion avec le Saint Père
qui fête aujourd’hui ses 83 ans… Alors, cher Monseigneur…
Monseigneur de
Germiny :
Oui
c’est une bénédiction d’être parmi vous, et la mitre que je porte est
celle que porta Monseigneur Robin, l’évêque qui reçut la bénédiction. Et
si vous la regardez de près, cette mitre, il y a d’un côté la Vierge Marie,
et de l’autre côté l’Archange Gabriel… Angélus nuntiavit Mariae….
Donc cette mitre posée sur ma tête exprime que l’évêque doit être un
saint, alors priez pour moi !
HOMÉLIE de Mgr
de GERMINY
Il
m’a été recommandé de parler de l’abondance du cœur, mais ça pourrait
durer longtemps, alors j’ai écrit quand même quelques notes et puis… je
divaguerai peut-être…
« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruits, car en dehors de moi vous ne pouvez rien faire » Telles sont les paroles de Jésus adressées à ses disciples et qui nous parviennent ce matin dans toute leur vérité. Comment demeurer dans le Christ ? Comment porter du fruit ? Et puis, un pèlerin, que fait-il ? Aller de Chézelles à L’Ile-Bouchard n’est pas qu’une promenade de santé ! ou, s’il en est ainsi, c’est bien aussi de santé spirituelle dont il s’agit, pour que nous fassions ce pèlerinage pour recevoir les grâces désirées pour nous-mêmes, ceux que nous portons dans notre cœur, qu’ils soient amis, nos amis, ou bien nos ennemis.
Saint Jean a bien noté cette espérance qui anime la Parole de Jésus : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez et vous l’obtiendrez. » Oui, retenons bien ces paroles : « En dehors de moi vous ne pouvez rien faire » et si ces paroles nous paraissent trop énormes, essayons de les comprendre avec ces ultimes mots de Jésus s’adressant à Marie et au disciple qu’il aimait : « Femme, voici ton fils ; voici ta mère ; et depuis cette heure le disciple prit Marie chez lui ». Il me semble que le pèlerin de L’Ile-Bouchard, et je suis l’un d’entre eux, doit demander la grâce de prendre Marie chez lui : quelqu’un de très proche, de très aimant puisqu’elle est notre Maman du ciel. Beaucoup d’entre vous êtes venus en famille ou en communion avec celle-ci, à cause du message si adapté à cette réalité qui nous constitue, tous, la famille : Je donnerai du bonheur dans les familles. Notre-Dame de la Prière, apprenez-nous à prier pour nos familles, telles qu’elles sont, les nôtres bien sûr, que vous connaissez encore mieux que nous, mais aussi celles du monde entier, particulièrement celles qui souffrent, non seulement des guerres ou des dissensions familiales, mais j’ajouterai parce que ces familles ne vous connaissent pas. La nouvelle évangélisation ne peut exister que si Marie trouve toute sa place dans la Foi des disciples du Christ, et dans la transmission de la Bonne Nouvelle où l’histoire du Salut s’est accomplie aussi par ce signe grandiose donné à l’univers : Marie. Elle est celle que, chaque soir, récapitule la vie du chercheur de Dieu lorsqu’il s’associe d’une manière ou d’une autre au chant du Magnificat : Mon âme exalte le Seigneur, car le Puissant fit pour moi des merveilles… Dites à la foule qu’elle chante le magnificat. Nous le ferons aujourd’hui, 18 Mai, en union toute particulière avec le Pape Jean-Paul II qui fête aujourd’hui ses 83 ans. Par sa foi, par son action, par ses paroles, n’est-il pas l’un des disciples qui prit chez lui Marie, et par lequel celle-ci a donné, et donne aujourd’hui du bonheur dans les familles ?
Frères et sœurs, je vous engage à lire sa lettre sur le Rosaire. Bagage pastoral, écrit-il, de tout bon évangéliste, de tout bon évangélisateur, le Rosaire qui rythme, ajoute-t-il, la vie humaine. Je vois devant moi des louveteaux, vous devez avoir des dizainiers, je pense ? J’en vois un qui a un chapelet autour du cou. J’espère que vos cheftaines vont vous apprendre à utiliser le dizainier, à utiliser le chapelet ; mais, comment pourront-elles vous apprendre à méditer le Rosaire si elles-mêmes ne le disent pas quotidiennement ; Je vois l’une d’entre elle, je ne sais pas si c’est Bagheera…Baloo ou Aquela, qui sourit !…
On en est tous là, mes frères ! Est-ce que vous avez chacun dans votre poche un chapelet ? cassé ou incassable ! et est-ce que celui-ci vous l’égrenez au cours de vos journées… Je vois les Frères de Saint Jean qui l’ont à leur ceinture, c’est voyant, cela peut être une invitation… je pense qu’il y a beaucoup de prêtres qui l’ont au fond de leur poche et ils doivent le dire, le réciter et le méditer.
C’est bien à cause de ses convictions que Jean-Paul II a inventé les mystères lumineux : Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres ; Les mystères lumineux sont splendides ; Le Pape nous demande de les méditer de manière plus particulière, le jeudi, mais on peut les prendre à chaque moment de la semaine aussi.
Mystère lumineux : pourquoi ? parce qu’ils sont tout éclairés par le Christ “Lumière” : Lumière pour chacun de nous ; Lumière pour le monde. Et ces mystères lumineux, je les rappelle parce que ils jalonnent chacune de nos vies. Premier mystère, au moment du baptême du Jourdain, bien sûr le baptême que nous avons reçu est différent de celui de Jean, mais, qu’avons-nous fait de notre baptême ? “Recevez la Lumière du Christ” Vous êtes devenus une création nouvelle, une créature nouvelle. Baptême du Jourdain, notre propre baptême. Deuxième mystère lumineux, celui des Noces de Cana : Jésus est là, Marie aussi ; et c’est une Noce. Les Noces de Cana préfigurent, assument toutes les noces, toutes les familles du monde, les vôtres, et que le vin généreux qui est donné par le Christ soit celui qui vous réjouisse le cœur et donne sens à votre vie de couple, de père, de mère. Le troisième mystère lumineux est l’annonce du Royaume de Dieu avec l’invitation à la conversion. Aujourd’hui je souhaite que beaucoup d’entre vous puissent se convertir en méditant, en récitant le Je vous salue Marie et puissent aussi avoir cette parole prononcée par un prêtre : “Va en paix, sois réconcilié, et ne pèche plus”. Quatrième mystère lumineux, celui de la Transfiguration : c’est une invitation, frères et sœurs, à prendre du temps pour prier, à prendre du temps pour que notre cœur batte au rythme du Cœur du Christ et qu’ainsi nous soyons enthousiasmés par le resplendissement de sa splendeur. Enfin, cinquième mystère lumineux : l’Institution de l’Eucharistie, expression sacramentelle du mystère pascal, le mystère pascal qui nous a réjouis d’une manière particulière il y a quelques jours, en célébrant Pâques ; ce mystère pascal qui est au cœur de notre foi, et à partir duquel tous les Évêques de France demandent aux chrétiens de revenir pour affermir leur Foi, construire notre Espérance, aviver leur Amour, leur charité au Christ qui dans ce signe nous exprime qu’il n’y a pas de plus grande preuve d’Amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Parvenu à ce moment et avant de conclure, je voudrais vous inviter, ce n’est pas très classique dans une Messe ! mais écoutant hier le récit de ce qui s’est passé à L’Ile Bouchard, je crois qu’au moment où nous avons entendu la Parole de Dieu, au moment où nous allons offrir ce pain et ce vin qui vont devenir le sang de la nouvelle Alliance, le Corps du Christ, il est bon que la Vierge Marie soit priée pour que s’impriment en nous les paroles de son Fils et que nous puissions goûter ce sacrement de l’Eucharistie qui nous incorpore au Fils qu’elle a donné au monde. Tous ensemble nous disons : Je vous salue Marie…
Ma conclusion, je la saisis dans une hymne merveilleuse, intitulée Ave Marie Stella, Salut Étoile de la mer, Salut Notre-Dame de la Prière, Sainte Mère de Dieu et Mère toujours vierge, Heureuse Porte du Ciel ; Toi qui fût saluée par l’ange Gabriel, Marie, Eve nouvelle, établis nous dans la paix, dénoue les liens des pécheurs, rends la lumière aux aveugles, écarte de nous tous les maux, obtiens pour nous tous les biens. Montre-toi notre mère et porte nos prières à Celui qui, pour nous, voulut naître de toi. Ô Vierge sans pareil, Vierge douce entre toutes, puisque tu es notre mère, obtiens-nous le pardon, un cœur humble, un cœur pur ; accorde nous de vivre sur le chemin du Bien pour qu’en voyant Jésus notre joie soit parfaite ; Louange à toi, Dieu le Père, Gloire au Christ, le Seigneur, et Gloire à l’Esprit Saint, aux Trois le même honneur, Amen, Alléluia !
Tout
à l’heure, Père, en m’accueillant, vous avez rappelez qu’en décembre
1947, la Vierge Marie bénissait, avec l’Archevêque de Tours, l’Évêque de
Blois. J’avais été très marqué par cela, en lisant le récit de L’Ile-Bouchard.
Beaucoup de familles viennent de partout, de la Touraine et d’ailleurs ;
je sais qu’un certain nombre de familles sont venues du diocèse de Blois.
Alors je les remercie tout particulièrement et leur présence est la bénédiction
que moi, aujourd’hui, Évêque de Blois, je reçois, par vous, de Marie qui
intercède pour la sainteté de toutes les familles. Amen !
Introduction au
Notre Père :
Jésus
a voulu avoir un père et une mère. « Ma nourriture est de faire la
volonté de mon Père » et lorsqu’à Cana il n’y avait plus de vin, il
a répondu à la demande de sa mère. Je sais que beaucoup d’entre vous
s’interrogent sur l’avenir de leur famille, ou plutôt de celles qui sont en
devenir. Les jeunes ont besoin d’identification forte. Comment fonder une
famille si les leurs sont tourmentés, instables, brisés, ballottés à tout
vent. Certes il y a des difficultés que chacun d’entre nous peut rencontrer
et l’adversaire est toujours là à rôder pour mettre ce qui est constitutif
de notre nature par terre. Oui c’est important de redire le Notre Père, cette
prière, ces mots de Jésus plutôt, qui récapitulent tout ce que nous portons
en nous-mêmes, cette prière de Jésus, ces paroles de Jésus sont capables de
nous façonner jour après jour et singulièrement les familles que nous
formons. C’est pourquoi avec foi et espérance mais aussi un grand amour du Père
de Jésus, Notre Père, nous redisons les mots du Christ Sauveur : Notre Père…