Clôture
du Jubilé à l’église jubilaire Saint Gilles de L’Ile-Bouchard
Samedi
6 Janvier 2001, Messe à 11h
Homélie
du Père Bernard TARTU
Délégué diocésain pour le Jubilé
Après trois années de préparation et de réflexion sur le Christ, l’Esprit, le Père, il y a un peu plus d’un an, le Pape JEAN-PAUL II ouvrait la Porte Sainte à Rome pour inaugurer le Jubilé de l’An 2000. Nous voici ce matin au terme de cette année de grâce, pour clôturer le Jubilé. Mais s’agit-il vraiment de clôturer ? S’il faut simplement fermer la Porte sainte, ce n’était pas la peine de l’ouvrir. En réalité, nous avons une autre vision à découvrir. Ce Jubilé de l’An 2000 s’est inscrit dans la longue tradition des années jubilaires, d’abord dans l’Ancien Testament avec les orientations données par Moïse au peuple d’Israël, puis dans celle des jubilés de l’Eglise, depuis celui de l’an 1300 pour en arriver à celui que nous venons de célébrer.
La
particularité du Grand Jubilé de l’an 2000 est qu’il s’est vécu non
seulement à Rome comme les précédents, mais également dans chaque diocèse.
Pour le diocèse de Tours, quatre lieux ont été désignés par notre évêque
pour permettre au plus grand nombre de fidèles de faire leur démarche
jubilaire : la Cathédrale, la Basilique Saint Martin, l’Abbatiale de
Preuilly-sur-Claise et l’église Saint Gilles de L’Ile-Bouchard (Notre-Dame
de la Prière).
Il
convient que ce matin, ici à L’Ile-Bouchard, sanctuaire de pèlerinage
marial, ô combien émouvant, nous puissions rendre grâce avec Marie. Le texte
de la Visitation que nous venons d’entendre nous aidera à cheminer avec la
Vierge Sainte. Après avoir entendu le message de l’Ange Gabriel, Marie se met
en route en hâte vers la maison de sa cousine Elisabeth. Elle n’hésite pas,
elle devine qu’Elisabeth a besoin d’elle et elle s’en va se mettre à son
service. Elle sait aussi qu’Elisabeth attend un enfant dans sa vieillesse et
elle veut partager sa joie.
Première
leçon
que nous laisse Marie : quand on a une bonne nouvelle, quand on possède un
trésor, on ne garde pas tout pour soi ; il faut partager la joie et la
reconnaissance. Se mettre en route, comme Marie, voilà une des leçons que nous
pouvons retirer du Jubilé. Nous avons franchi la Porte Sainte, il s’agit
maintenant pour nous de la refranchir pour aller vers les autres, manifester
notre joie et notre action de grâce.
Deuxième
leçon
que nous pouvons retenir de ce passage d’évangile, c’est l’action de grâce
de Marie. Elle va d’abord recevoir de sa cousine une belle salutation :
« Heureuse es-tu, toi qui as cru ». Oui Marie est heureuse car dans
sa foi toute simple, elle a reçu la Parole de l’Ange pour vraie. On est
toujours heureux chaque fois que l’on croit en la Parole de Dieu, car cette
Parole est Vie. Comme Notre Dame, rendons grâce à Dieu pour tout ce dont il
nous a comblés pendant cette année jubilaire. Avec Marie redisons le
Magnificat : que notre âme déborde de joie et d’allégresse :
« Le Seigneur a fait pour moi des merveilles, Saint est son Nom. »
Marie ne se glorifie pas elle-même, elle reporte tout à Dieu, Maître et
Seigneur : « Saint est son Nom ».
Troisième
leçon
que nous essaierons de mettre en pratique, en regardant Marie. « Je suis
la servante du Seigneur ». Se donner à Dieu est toujours et sera toujours
exigeant. Marie le découvrira tout au long de sa vie ; elle aura à
souffrir et deviendra la Vierge des douleurs, mais elle saura faire toujours la
volonté de son Divin Fils. Et nous, si nous voulons être serviteur et servante
du Seigneur, redisons-nous bien que rien ne sera facile, mais qu’il faudra
sans cesse nous remettre entre les mains de Dieu. Il nous conduira souvent par
des chemins que nous n’oserions pas prendre parce qu’ils nous font peur ;
mais le Seigneur nous dira comme à Paul : « ma grâce te suffit. »
Les Apôtres en entrant au Cénacle n’avaient pas spécialement envie
d’affronter les foules. Mais au matin de la Pentecôte, ils franchiront la
Porte du même Cénacle pour aller proclamer la Bonne Nouvelle du Ressuscité.
Investis de la Force d’En-Haut, ils n’hésiteront pas à témoigner de Jésus-Christ.
Notre
baptême nous constitue fils de Dieu et à ce titre nous sommes envoyés pour
dire à tous les hommes que le Royaume est parmi nous…
Ici
à L’Ile-Bouchard, que Notre-Dame de la Prière nous guide sur la route où
Dieu nous envoie. Un Jubilé se termine, ou plutôt il se poursuivra autrement,
sur nos chemins qui deviendront si nous le voulons, avec la grâce de Dieu, des
chemins de sainteté. L’année 2001 sera une année MAGNIFICAT, avec
Marie nous rendrons grâce.
Je ne pourrai mieux terminer en vous invitant à garder et à méditer ce que nous avons proclamé tout au long de ce Grand Jubilé : Christ, Hier, Christ Aujourd’hui, Christ Demain, pour tous et toujours. Tu es Dieu, Tu es l’Amour ; Tu appelles, nous voici. Amen.