SAINTE
JEANNE DELANOUE
(18 juin 1666 - 17 août 1736)
Fondatrice
et première Supérieure Générale
des Sœurs de Sainte-Anne de la Providence
« Fille très aimée de Marie »
Béatifiée le 9
novembre 1947
Canonisée le 31 octobre 1982
Fêtée le 17 août
Originaire
de Saumur, elle a consacré sa vie au service des plus pauvres et contribué par
ses fondations à l’évangélisation de l’Ouest de la France, particulièrement
de l’Anjou et de la Touraine. Deux de ces fondations ont concerné L’Ile-Bouchard :
La première, de son vivant, un hôpital en 1730,
La
seconde, une école en 1782.
Ayant bénéficié
pendant sa vie terrestre d’une véritable « union mystique » avec
la Vierge Marie qui, dans une extase l’avait accueillie par ces paroles :
« Voilà,
voilà celle que je fais chercher depuis longtemps, »
elle est la seule personne que la Vierge Marie a cité par son nom à
L’Ile-Bouchard en donnant le jeudi 11 décembre 1947 l’explication de sa
venue en l’église Saint-Gilles : « C’est
parce qu’il y a ici des personnes pieuses et que Jeanne Delanoue y est passée. »
CONGREGATION
DES SOEURS DE JEANNE DELANOUE,
SERVANTES DES PAUVRES de JEANNE DELANOUE
Site internet : http://jeanne.delanoue.free.fr/index.php
page sur le Site internet du diocèse d'Angers : http://catholique-angers.cef.fr/site/170.html
Témoignage de Sœur Solange, de la Communauté des Sœurs de Jeanne Delanoue à Sainte-Maure-de-Touraine (en 2005)
Personnellement, il me semble que plus de cinquante cinq ans après les évènements de 1947, lorsqu’on lit le récit des apparitions, on peut se demander pourquoi avoir pensé que la Vierge Marie pouvait apparaître à cause de Jeanne Delanoue ?
Je pense qu’il faut savoir qu’il y avait seulement quelques semaines que Jeanne Delanoue fondatrice de la congrégation des sœurs de Ste Anne avait été béatifiée à Rome. A l’époque les béatifications et les canonisations étaient rares ! c’était un grand événement ! Une petite délégation de supérieures était allée à Rome et avait rapporté des photos et raconté le déroulement de la cérémonie. Dans les mois suivants des fêtes allaient avoir lieu à Saumur. On parlait beaucoup de cet événement dans les paroisses où il y ait des sœurs de Ste-Anne. Pour marquer dans l’histoire de la congrégation cette année 47, et dans le sillage de Jeanne Delanoue qui allait chercher lumière et courage aux pieds de Notre-Dame des Ardilliers, mère Ste Maria supérieure générale avait demandé que toutes les communautés de la congrégation, le soir du 8 décembre 1947 se consacrent au cœur immaculé de Marie (voir archive n° 6 ci-dessous). Cette consécration s’est renouvelée pendant des années.
Le curé de l’Ile-Bouchard était forcément au courant, et comme il n’arrivait pas à croire et à comprendre pourquoi Marie apparaissait dans son église, il n’est pas surprenant qu’il se soit demandé s’il pouvait y avoir un lien avec Jeanne Delanoue. C’est la question qu’il fait poser à Jacqueline, mais Marie prend les devants et dit avant que Jacqueline ait parlé de J. Delanoue : "c’est parce qu’il y a ici des personnes pieuses et que Jeanne Delanoue y est passé".
Voilà ce que je voulais dire : je pense qu’il est relativement important de savoir qu’en Novembre- Décembre 1947 on parlait beaucoup de Jeanne Delanoue !
Archive n°1 des Sœurs de Jeanne Delanoue
NOM : L’ISLE-BOUCHARD :
Références : M. 6/4
+ J 10/865 à 883
Indre et Loire
Fondation : date : 1730 Fermeture - date :
1961
Activités : Hôpital (1730) et Ecole (1854) Maison d’Arrêt (1782)
Historique :
Ces deux établissements :
Hôpital et Ecole d’une part confiés à
l’époque de la Révolution à la Sr Ste-Geneviève et à Sr St-Gabriel
à l’Hôpital St-Gilles.
L'autre Maison d'Arrêt dite "du Petit Cachet" paroisse St Maurice
(école, confiée aux Sœurs Ste Madeleine, St Bruno et Ste Constance.
En 1793, ces Religieuses furent enlevées à
leurs Œuvres et conduites en prison puis transférées dans les cachots de
Tours. Sr Ste Madeleine y mourut à la suite d’une congestion cérébrale.
En 1854 : ouverture d’une école
communale qui devient école livre en 1910.
En raison du manque de sujets, retrait des Sœurs
le 21 Août 1961
1918
: Sr St Colomban
: Directrice et Supérieure
1924 : Sr
St Victurnien
:
id
1934 : Sr Léon de la Croix
:
id
1960 : Sr Marie Louise de Jésus
:
id
Archive n°2 des Sœurs de Jeanne Delanoue
A R C H I V E S
49 ST-HILAIRE SUR FLORENT
V. 7.2 / 1.3
Paris,
le 6 Mars 1846
Ma Révérende Mère,
Je ressens une joie bien douce, en vous envoyant l’acte d’agrégation
de votre pieuse Communauté à l’archiconfrérie du Très Saint et Immaculé Cœur
de Marie pour la conversion des pécheurs. Nous allons devenir plus forts par le
secours de vos vœux et de vos prières, et je ne doute pas que notre bonne Mère,
déjà si bénigne, si libérale envers nous, ne nous accorde encore plus
promptement, plus abondamment la conversion de nos pauvres frères égarés.
Vous voudrez bien, ma Révérende Mère, faire traduire cet acte et en
garder la traduction affichée dans un des lieux les plus fréquentés de votre
maison.
Quand vous penserez devant le bon Dieu aux pécheurs, mettez-moi du
nombre, Ma bonne Mère, priez pour moi, vous et vos saintes filles car j’en ai
grand besoin et, veuillez agréer les sentiments respectueux de dévouement et
de charité avec lesquels j’ai l’honneur d’être dans la sainte union des
Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie,
Ma Révérende Mère,
Votre très humble et dévoué
serviteur,
D.
Desgenettes
Curé
de Notre-Dame des Victoires.
Directeur
de l’Archiconfrérie du St Cœur de Marie
Comme il y a déjà
une confrérie à Saumur, vous pourrez inscrire vos pensionnaires à la
condition de faire transcrire leurs noms de temps à autre sur le registre de
St-Pierre, mais les noms des religieuses de la communauté n’on pas besoin
d’y être envoyés.
A
Mère St Hyacinthe
Archive n°3 des Sœurs de Jeanne Delanoue
Le quatre Mai mil
huit cent cinquante quatre, le Conseil de la Congrégation de Ste-Anne de la
Providence de Saumur, s’est réuni au lieu ordinaire de ses séances. Étaient
présentes : Sr Marie des Séraphins première servante, Sr Marie St-Augustin, Sr St Hyacinthe et Sr Marie St Isidore.
Après les prières
d’usage faites, la première servante a fait part au Conseil de la demande que
lui a faite Monsieur Noizion, Curé de la paroisse St Gilles de l’Isle-Bouchard,
de deux religieuses pour la dite paroisse, dont l’une serait chargée de faire
l’école aux petites filles et l’autre de visiter les pauvres et les
malades.
Le Conseil, le Saint
Nom de Dieu invoqué,
Considérant
que Monsieur le Curé de l’Isle Bouchard et plusieurs autres personnes
notables et bienfaitrices de sa paroisse offraient un local propre à l’œuvre,
un mobilier convenable, le linge de lit, de table et de cuisine, et un
traitement annuel de six cents francs pour la nourriture et l’entretien des Sœurs,
A décidé, Monsieur le Supérieur présent et approuvant, que les
propositions de Monsieur le Curé de l’Isle Bouchard étaient acceptables et
que la première servante était autorisée à traiter cette affaire.
Ce même jour, le Conseil a aussi décidé que Anne Barré et Germaine
Landreau, leurs six mois de postulat accomplis ont mérité d’être admises à
prendre le St-Habit
Signé :
Sr Marie des Séraphins
Sr Marie St Augustin
Archive n°4 des Sœurs de Jeanne Delanoue
DIEU SEUL
CONSECRATION AU CŒUR IMMACULE
ET A L’AME DOULOUREUSE ET
AIMANTE
DE
LA VIERGE MARIE
FAITE PAR LA FAMILLE RELIGIEUSE DE LA BIENHEUREUSE JEANNE DELANOUE
Le 8 décembre 1947. Projet dont on n’a retenu qu’une faible partie.
O VIERGE MARIE, MERE DU VERBE INCARNE ET NOTRE MERE, ouvrez tout grands les bras de votre amour pour recevoir sur votre sein virginal les épouses de votre divin Fils qui viennent aujourd’hui, guidées par la Bienheureuse Jeanne Delanoue, se consacrer solennellement et pour toujours à votre Cœur Immaculé et à votre Ame douloureuse et aimante.
Oui, C’EST A VOTRE CŒUR IMMACULE QUE NOUS, ENFANTS DE SAINTE ANNE, NOUS VOULONS ETRE TOUT PARTICULIEREMENT DEDIES. Votre incomparable pureté nous ravit et nous attire. Nous vous louons, ô Vierge sainte, pour cette oeuvre unique, ineffable, que l’adorable Trinité s’est complu à réaliser en vous ; nous vous exaltons pour l’insigne fidélité de votre Ame à garder ce trésor sans prix. Attirés par vos charmes célestes, nous avons recours à vous pour que vous nous rendiez moins indignes de l’Epoux des Vierges ; oh ! veuillez accueillir touts les enfants de votre Mère dans le rayonnement de votre pureté liliale, et faire de chacune d’elle une « âme-sœur » de votre Cœur Immaculé…
Gardez pour « Dieu seul, » ô Vierge Mère, toutes les énergies de nos corps, de nos esprits et de nos cœurs ; nous vous les consacrons. Et de même que le fruit de votre sein virginal fut le Verbe divin, formez spirituellement dans les âmes qui se livrent à vous, Jésus, votre doux Fils et qu’Il grandisse en nous, par le souffle de l’Esprit-Saint, pour la Gloire du Père, « jusqu’à la plénitude de sa taille » (Ephésiens IV - 13)
O Mère de Dieu et notre Mère, c’est dans la souffrance et l’Amour que vous acquis ce pouvoir d’enfanter le Christ dans les âmes ; C’EST DONC A VOTRE AME DOULOUREUSE ET AIMANTE QUE NOUS VENONS NOUS CONSACRER. Nous comprenons, nous, les enfants de vos douleurs, que votre insigne pureté vous rendit capable de cet Amour unique qui consuma votre Ame et qui, lui, fut cause de votre martyre au pied de la Croix. C’est dans cette souffrance immense que nous sommes nées à la Vie du Christ… O Notre-Dame des Ardilliers, avec Notre Bienheureuse Jeanne, nous vous honorons, nous vous vénérons comme notre Reine, et dans la lumière de son sillage nous nous livrons à vous comme elle.
Comme elle, et avec elle, nous continuerons de nous dévouer toujours plus, « avec patience et tendresse » (7ème entretien de la Bienheureuse : p. 90) au service de Jésus humble et souffrant dans la personne des enfants, des pauvres, des malades. Ces âmes qui nous sont confiées, nous vous les offrons avec les nôtres, ô Mère, pour qu’en elles toutes arrive pleinement le règne du Christ.
Et pour que notre apostolat soit auprès d’elles porteur de Rédemption, nous communierons chaque jour, dans le silence, comme la Bienheureuse Jeanne de la Croix, et avec elle, au martyre de votre Ame, par la contemplation aimante, la pratique généreuse et fidèle des vertus qui germent sur le Calvaire. Nous vous consacrons, ô Mère des Douleurs, toutes nos prières et toutes nos souffrances, et nous voulons après vous, et après Jeanne Delanoue, « que seul, le divin Epoux crucifié nous suffise en tous les états. (12ème Entretien de la Bse : p. 146) « Offrez-nous à la Volonté divine, - à l’exemple de notre pieuse fondatrice, - comme une victime prête à être immolée » (Vie par Macé : p. 250) et gravez en chacune de nos âmes livrées, dans la mesure du vouloir de Dieu, la ressemblance avec le Christ…
Nous vous en conjurons, O NOTRE DIVINE MERE, ACCUEILLEZ AVEC BONTE CETTE CONSECRATION DE NOTRE HUMBLE FAMILLE, et daignez nous donner comme à notre Bienheureuse Jeanne, votre baiser de prédilection ! Que toutes, ne formant qu’UN EN VOTRE AME IMMACULEE, nous soyons ainsi plus intimement associées au Corps mystique de votre Fils, pour le Triomphe de la sainte Eglise, « la gloire et la louange de Dieu » (Philippiens : I - 11).
GARDEZ-NOUS EN CE SANCTUAIRE VIRGINAL, O MERE DU BEL AMOUR, en
communiquant à nos âmes le FEU qui vous embrase, jusqu’à ce jour où, les
ombres s’étant évanouies, nous pourrons enfin, dans la pleine lumière de
votre pureté, où règne déjà Notre Bienheureuse Fondatrice, « nous
perdre en la vie de la Trinité Sainte, en sa grandeur, en son Amour, ne plus
rien goûter que Dieu et son saint Amour, (Vie par Macé : p. 252) et chanter avec vous l’éternel
MAGNIFICAT A L’AMOUR ! Ainsi
soit-il
A la gloire de ma divine Mère.
Archive n°5 des Sœurs de Jeanne Delanoue
CONSECRATION
AU
CŒUR IMMACULE DE MARIE
faite par la Famille
Religieuse
de la
BIENHEUREUSE JEANNE
DELANOUE
Le 8 Décembre 1947
O Vierge Marie, Mère du Verbe Incarné et notre Mère, nous venons aujourd’hui, guidées par notre Bienheureuse fondatrice Jeanne DELANOUE, consacrer solennellement et pour toujours à votre Cœur Immaculé notre congrégation, nos œuvres, nos personnes.
C’est à votre Cœur Immaculé que, nous religieuses de Sainte Anne, nous voulons être particulièrement dédiées. Veuillez accueillir toutes vos enfants dans le rayonnement de votre pureté sans tache. Gardez pour Dieu Seul ! O Mère, toutes les énergies de nos corps, de nos esprits et de nos cœurs ; nous vous les consacrons. Soyez toujours notre Reine.
Nous continuerons de nous dévouer toujours plus avec patience et tendresse (7ème Entretien de la Bse p. 90) au service de Jésus humble et souffrant dans la personne des pauvres, des malades, des enfants. Nous nous engageons à propager le culte de votre Cœur Immaculé auprès de ces âmes, à nous confiées, et de leurs familles. Nous vous les consacrons avec les nôtres pour qu’en elles toutes arrive pleinement le Règne du Christ.
Nous vous en conjurons, ô Marie, accueillez avec bonté cette consécration de notre humble famille qui vous appartient à tant de titres ! N’est ce pas vous, en effet, qui avez présidé à sa naissance ; n’est-ce pas de votre Cœur qu’elle a reçu la vie ?... Daignez nous accorder, comme à la Bienheureuse Jeanne Delanoue, votre amour de prédilection. Gardez-nous toutes avec votre Cœur Immaculé avec tous les biens spirituels et temporels de la Congrégation que nous vous confions. Communiquez à nos âmes le feu qui vous embrase, afin qu’un jour nous puissions chanter avec vous l’éternel Magnificat ! Ainsi soit il !
100 jours d’indulgence chaque fois
Angers, le 21 Novembre 1947
+ Jean-Camille COSTES
Evêque d’Angers
Archive n°6 des Sœurs de Jeanne Delanoue (V 7 2/3.3)
CONSECRATION AU CŒUR IMMACULE DE MARIE
8 Décembre 1947
La fête de l’Immaculée- Conception, très aimée de toute âme religieuse, toujours si pieusement célébrée à la Maison-Mère, fut, en cette grande année de la Béatification, préparée avec un soin tout spécial. Dans sa touchante circulaire du 25 novembre, Notre Bonne Mère, Ste Maria nous y avait conviées en ces termes : « pour marquer et perpétuer cette année 1947 si chère à nos cœurs par la Béatification de notre Mère, de plus, année mariale en Anjou, nous avons pensé qu’à l’exemple de notre Bienheureuse qui allait chercher la lumière, puiser la force et le courage aux pieds de Notre-Dame des Ardilliers, nous devions, nous aussi, nous donner à Marie dans un acte extérieur où, toutes groupées près d’une statue de la Très Sainte Vierge, nous consacrerions notre Congrégation, nos oeuvres et nos personnes au Cœur Immaculé de Marie, la Vierge très pure, notre Mère et notre Reine. »
Selon le désir de Notre Bonne Mère, nous nous préparons à cette Consécration par une neuvaine de prières, de fidélité à la Sainte Règle, en particulier au silence plus strictement gardé le vendredi 5 décembre. Chaque soir, à la bénédiction du Très Saint Sacrement, le chant du « Veni Creator », la récitation d’une dizaine de chapelet et des invocations : CŒUR IMMACULE DE MARIE, BIENHEUREUSE JEANNE DELANOUE, PRIEZ POUR NOUS, attirent en nos âmes l’Esprit sanctificateur, l’assistance de Notre-Dame et de sa fidèle Servante. La retraite du mois, le 7 décembre, complète notre préparation immédiate ; un dernier conseil de notre Aumônier si zélé, surtout lorsqu’il s’agit de propager le culte du Cœur Immaculé de Marie, nous invite à passer la soirée dans un recueillement plus profond, en priant la Très Sainte Vierge de disposer nos âmes à la Communion du lendemain matin dans laquelle Jésus-Hostie viendra Lui-même nous donner à sa Mère et La louer en nous.
La messe de Communion du 8 décembre réalise pour tous les membres de la Communauté l’UNITE DES ESPRITS DANS LA VERITE ET L’UNION DES CŒURS DANS LA CHARITE, tous, dans le Cœur de la Vierge co-rédemptrice, plus intimement associés au Corps mystique de son Divin Fils.
A la Maison-Mère, à 9 heures 30, la grand’messe est célébrée par Notre Cher Père, Monsieur le chanoine AUGEREAU, revêtu d’une chasuble romaine du plus bel effet ; (elle ne pouvait être étrennée en plus digne circonstance...) rien de trop beau pour honorer la Mère de Jésus !... Après la grand’messe, réception d’Enfants de Marie des benjamines de la famille : six juvénistes sont admises à porter la médaille et le ruban bleu qui les vouent à la Reine du Ciel, dix reçoivent le ruban blanc d’aspirantes.
Avant les Vêpres, Notre Cher Père en chape, assisté de Monsieur l’Abbé BLOND, Aumônier de la Maison-Mère, vient chercher à la salle de couture le reliquaire qui renferme une vertèbre et deux fragments de côte de la nouvelle Bienheureuse. La Communauté le précède et se rend à la chapelle au chant du « Magnificat ». Le reliquaire est déposé sur l’autel de St-Louis de Gonzague, l’antienne « Veni sponsa Christi » chantée, les reliques encensées... La Bienheureuse Jeanne revient dans la Maison du Seigneur, non plus pour y être cachée dans le fond de son tombeau, mais exposée désormais à la vénération de tous, en attendant que notre piété filiale, puisse lui ériger un autel spécial enrichi d’une châsse.
Puis, c’est le chant des Vêpres et le salut solennel du Très Saint Sacrement ; les prières de la neuvaine sont chantées et récitées une dernière fois, c’est alors qu’en présence de Jésus-Hostie exposé sur l’autel, sous le regard de Marie-Immaculée à laquelle un trône a été dressé dans le chœur, du côté de l’épître, non loin du précieux reliquaire que des flambeaux entourent, Notre Bonne Mère prononce, au nom de la congrégation toute entière, la Consécration que Monseigneur COSTES a daigné approuver et enrichir de cent jours d’indulgence.
Après la bénédiction du Très Saint Sacrement, un beau cantique de circonstance termine cette inoubliable cérémonie ; nous en retiendrons le dernier couplet :
« O Cœur Immaculé, qui aimes tant Ste Anne,
Toi qui, à son berceau, l’as bien manifesté
Pour que nous, tes enfants, soyons dignes de Jeanne
A Toi, notre Communauté. »
A 5 heures ¼ la cloche tinte de nouveau pour nous convier à la procession traditionnelle, sous les cloîtres. Le brancard de la Sainte Vierge est porté par quatre postulantes si heureuses d’avoir accueilli, ce matin même, une huitième sœur : doux présent de Marie ! quatre Juvénistes portent les lys. La procession revient à la salle de Communauté où Notre Cher Père clôture cette journée mariale par une pieuse exhortation empreinte d’une émotion communicative… La fête du 8 décembre 1947 comptera, selon l’expression de notre Vénéré Supérieur, dans les fastes, c’est à dire, les jours glorieux de la Congrégation. Un mois à peine après les cérémonies grandioses de la Béatification, c’est le retour d’une partie des Restes de la Bienheureuse, à la chapelle, la consécration de sa famille religieuse au Cœur Immaculé de Marie. Il importe de prouver à Dieu notre reconnaissance par une vie d’union à Marie plus intime, selon la formule du Saint Père de Montfort : AVEC ELLE... .PAR ELLE... EN ELLE... L’épître de la Messe d’aujourd’hui nous a rappelé que celui qui se tient à la porte de la maison de notre Mère trouvera la vie... que dire alors des âmes consacrées qui ont pénétré jusqu’à sont Cœur !...
Archive n°7 des Sœurs de Jeanne Delanoue
image mortuaire de la supérieure générale de la congrégation en 1947
Souvenez-vous dans vos prières
de la
Très Révérende Mère Sainte-Maria
Supérieure Générale
de la Congrégation de Ste
Anne de la Providence
pendant 27 ans, de 1922 à 1949
rappelée à Dieu le 15 Janvier 1958
dans sa 88ème année et sa 66ème de religion
________
Elle a réalisé dans sa longue vie religieuse l’idéal qu’Elle a tant de fois proposé à ses Filles : l’imitation de la Bienheureuse Jeanne Delanoue.
+
Elle fut pour toutes ses Filles la Mère très aimante qui encourage et console, le guide sûr qui dirige et maintient dans la voie de la perfection, le modèle qui entraîne. Elle sut toujours unir une sage fermeté à une grande bonté.
Le 8 décembre 1947, la Révérende Mère Sainte-Maria consacra sa Famille religieuse toute entière au Cœur Douloureux et Immaculé de Marie qu’Elle aimait tant !
Le recrutement de sa chère Communauté, la sanctification des Prêtres étaient les intentions privilégiées de ses prières.
« Mes Filles, aimez-vous les unes les autres ; aimez-vous ! »
De ses derniers conseils
La prière de ses derniers jours
Extrait du livre
Philippe ANTHONIOZ, Le 8 décembre 1947 - Marie apparaît à L'Ile Bouchard - Le message de Notre Dame de la Prière, Paris, O.E.I.L., 1989, 272 pages.
page 162-163.
Sainte Jeanne Delanoue
Elle a certainement sa place historique aussi bien parce que son nom est prononcé par la Sainte Vierge qu’en raison de l’implantation de ses Sœurs à l’Ile Bouchard.
On a expliqué dans quelles conditions le nom de Jeanne Delanoue est cité par la Vierge ; d’une façon qui paraît accidentelle et qui devient comme un signe de crédibilité. On ne peut pas affirmer que la Sainte Vierge aurait d’elle-même parlé de Jeanne Delanoue si le chanoine Ségelle n’avait pas fait interroger l’Apparition à son sujet. Mais on peut aussi penser que la présence à l’Ile Bouchard des Sœurs de Sainte-Anne de la Providence de Saumur, Congrégation fondée par Jeanne Delanoue en 1706, suffisait à établir une belle concordance.
Il se trouve en outre, que Jeanne Delanoue venait d’être béatifiée par Pie XII, trois semaines avant les Apparitions. Ainsi commence l’allocution que le Saint Père donna à Castelgandolfo aux pèlerins venus pour la béatification, le 10 novembre 1947 (Documents pontificaux de S.S. Pie XII Année 1947. Ed. St Augustin. St Maurice, 1961) :
L’écho
vibrait encore du sermon fameux que Bossuet avait, en 1659, prononcé dans la
chapelle de la Providence, en présence du « père des pauvres »
Vincent de Paul, arrivé au soir de sa vie, quand naquit 7 ans plus tard, le 28
juin 1666, Jeanne Delanoue, que ses contemporains appelèrent spontanément la
« mère des pauvres », comme ils appelèrent sa maison la
Providence. Sa vie allait être le commentaire, l’illustration vivante du
titre que Bossuet avait donné à son discours : « l’éminente
dignité des pauvres dans l’église ».
On note aussi dans la vie de sainte Jeanne Delanoue qu’elle fut visitée par saint Louis-Marie Grignon de Montfort. Et ce ne fut pas une simple visite de courtoisie ! Le saint prêtre rencontra Jeanne Delanoue au sanctuaire de Notre-Dame des Ardilliers en la fête de la Nativité de la Sainte Vierge. Or l’histoire nous apprend que, ce jour-là, fut signée définitivement, dans l’âme de Jeanne Delanoue, par l’inspiration de Grignon de Montfort, la naissance de la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne de la Providence (R. Darricau, B. Peyrous, J. de Viguerie. Sainte Jeanne Delanoue, servante des pauvres. Ed. C.L.D. Tours, 1982, p. 37) :
Une œuvre de cette ampleur ne pouvait se développer
sans tension... Le passage de saint Louis Marie Grignon de Montfort aux Ardilliers, le 8 septembre 1706, fut l’occasion d’une clarification décisive.
…« Ma sœur,
continuez ce que vous avez commencé... C’est véritablement l’esprit de
Dieu qui vous inspire de faire ces grands jeûnes. C’est votre vocation.
Agissez librement en toutes rencontres. »
Ainsi parfaitement rassurée, Jeanne put suivre sans aucune hésitation
l’appel intérieur à l’amour des pauvres. Rien plus ne l’arrêta. »
Sainte Jeanne Delanoue fut canonisée le 31 octobre 1982 par le pape Jean-Paul II, qui déclara dans son homélie :
Jeanne Delanoue gardera une familiarité mystique avec la Vierge Marie. Et l’exemple du jeune Père Grignion de Montfort ne pouvait que l’encourager dans cette voie.